Les banques d’affaires suisses passent au tout électronique
Au Credit Suisse First Boston et à l'UBS Warburg, le commerce électronique interentreprises (B2B) se concrétise pour les analystes financiers. Avec les projets Next et Ibol, ils mettent leurs métiers à l'heure de la nouvelle économie.
En octobre dernier, le cabinet d’analyse MSM annonçait que, d’ici à 2002, un cinquième du chiffre d’affaires des entreprises suisses serait réalisé en ligne. Pour le Credit Suisse First Boston (CSFB) et l’UBS Warburg, cela pourrait aller encore plus vite.
Les deux établissements ont lancé, au printemps dernier, Next et Ibol (investment banking on line), deux projets Internet visant à faire basculer la quasi-totalité de leurs activités sur deux plates-formes Web, qui unifient l’ensemble des transactions sur les marchés électroniques et apportent aussi des services stratégiques tels que la recherche et le conseil aux clients.
Le but des ces projets devisés à plusieurs dizaines millions de francs? Effectuer des gains de productivité et améliorer la relation avec les clients institutionnels. Les interfaces développées tant par le CS que l’UBS sont très loin d’être des journaux sur le Web ou des applications de type Reuters ou Bloomberg.
Ce sont des outils d’information, doublés d’outils de transaction. Les clients passent des ordres non seulement sur des produits simples comme les actions, à l’instar de ce que proposent les courtiers en ligne, mais aussi sur l’ensemble des produits financiers, dérivés, obligations, monnaies.
Outre les problèmes informatiques que suppose cette migration vers l’Internet, de nouvelles difficultés sont apparues. La législation américaine prévoit, par exemple, la mise en place de chaînes de «disclaimers» (décharges) et de mots de passe, assez complexes à gérer dans le cadre de ces projets globaux.
A côté de cela, il faut mettre à la disposition des utilisateurs des outils informatiques sophistiqués pour modéliser leurs portefeuilles. Cela suppose un effort de formation.
Un tel transfert de valeur ajoutée en direction de l’électronique a enfin des conséquences sur les ressources humaines. Même si on se garde bien, dans les deux établissements, d’évoquer de quelconques licenciements, on admet que les vendeurs doivent acquérir des connaissances de plus en plus pointues pour justifier leurs rôles et leurs salaires.
Fabrice Delaye
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