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Plusieurs banques suisses lâchent Jean-Christophe Mitterrand

Jean-Christophe Mitterrand est loin d'en avoir fini avec la justice. Keystone

Une dizaine de banques suisses ont «spontanément» informé la justice qu´elles détenaient des comptes appartenant au fils de l´ancien président français et à ses associés, impliqués dans un trafic d´armes vers l´Angola.

Depuis le 1er avril 1998, un établissement financier qui constate des «transactions anormales» sur les comptes de l’un de ses clients doit aussitôt avertir les autorités.

Résultat, l’annonce dans les médias d’une vente d’armes illégale en direction de l’Afrique a provoqué une pluie de dénonciations au Palais de Justice de Genève.

Une dizaine de banques ont révélé qu’elles possédaient des comptes appartenant à des particuliers ou à des sociétés impliquées dans ce commerce de matériel de guerre, mettant en cause notamment Pierre Falcone, 46 ans, patron de la société Brenco, et Jean-Christophe Mitterrand, 54 ans, ancien responsable des affaires africaines de l’Elysée,

Le 27 novembre 1997, Pierre Falcone, qui souhaitait obtenir un permis «B» dans le canton de Genève, avait alors créé la société Montaigne Financial Service SA. Pour le nom, il s’inspirait apparemment de son adresse parisienne, au 56, avenue Montaigne dans le 8ème arrondissement de Paris. Pour une fois perspicace, le canton de Genève avait donné un avis négatif à la demande de Pierre Falcone en mars 1998.

Dans cette affaire de trafic d’armes, passant par la Russie, la France et l’Angola, la justice suisse a ouvert sa propre enquête pour blanchiment. Elle vient de bloquer huit comptes (six à Genève et deux à Zurich), dont la moitié appartiennent directement ou indirectement à Pierre Falcone.

Le compte ouvert en 1992 par Jean-Christophe Mitterrand chez Darier & Hentsch pour accueillir sa rémunération de consultant au Centre de recherches Entreprises et Sociétés (CRES), une fondation basée à Genève, ne manque pas d’intriguer le Palais de Justice de la Cité de Calvin.

En effet, les grandes banques privées ne gèrent pas habituellement les comptes-salaires. Elles n’accueillent que les clients possédant une fortune substantielle.

Ian Hamel

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