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Pour une gestion durable des ressources génétiques

La diversité génétique du fruit le plus connu, la banane, est aussi menacée. Keystone

La Suisse est l'un des quarante pays qui participent à Madrid à la première Conférence du Traité sur les ressources génétiques pour l'agriculture et l'alimentation.

La réunion doit définir le cadre légal des échanges de ressources génétiques et la stratégie de financement pour la conservation et l’utilisation durable des plantes cultivées.

La Commission sur les ressources génétiques pour l’agriculture et l’alimentation (CGRFA) se réunit pour la première fois.

Son but est de garantir la conservation et promouvoir l’utilisation durable des ressources génétiques dans l’alimentation et l’agriculture, ainsi que d’assurer une juste redistribution des ressources qui en résultent.

«Il subsiste deux problèmes politiques», confie Manfred Bötsch, directeur de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) et chef de la délégation suisse.

Tout le monde y gagne

Et Manfred Bötsch de préciser à swissinfo: «Il y a d’abord l’Accord type de transfert de matériel, avec quelques légères divergences sur la formulation».

Cet accord vise à faciliter les «échanges de bénéfices» des ressources générées par les plantes génétiques entre chercheurs et cultivateurs.

«Tout le monde y gagne, affirme Manfred Bötsch. Car, si les pays développés disposent d’une grande biodiversité, celle-ci pourra être utilisée par des entreprises des pays en développement et il y aura un échange de bénéfices.»

Pour le représentant de la Suisse à Madrid, le deuxième défi de la conférence porte sur la stratégie de financement. «Il s’agit, entre autres, de déterminer quel sera le rôle du Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures.»

Un rôle crucial

Les ressources des plantes génétiques pour l’alimentation et l’agriculture – matériel de base utilisé par les cultivateurs pour améliorer la qualité et le rendement des récoltes – jouent un rôle crucial dans l’alimentation de la population mondiale ainsi que dans l’agriculture durable et dans la sécurité alimentaire.

Le Traité international sur les ressources génétiques pour l’agriculture et l’alimentation a été adopté par la FAO en novembre 2001. Et il est entré en vigueur en 2004, trois mois après avoir été ratifié par 40 pays, y compris la Suisse.

A noter que la Suisse dispose depuis 1998 d’un plan d’action national pour l’inventoriage ainsi que la conservation et l’utilisation durable des plantes cultivées indigènes.

Quatre questions

Les gouvernements qui ont ratifié le traité formulé par la CGRFA (organe directeur) devront répondre à quatre questions essentielles lors de la conférence de Madrid.

Il s’agit, d’abord, de la forme et du mode de paiement lors de la commercialisation.

Se posent ensuite les questions liées à l’Accord type de transfert de matériel, et aux mécanismes favorisant la compatibilité du traité avec les pratiques actuelle.

Enfin, la stratégie de financement sera aussi une préoccupation de la conférence mondiale de Madrid.

Jeter un pont

Manfred Bötsch reconnaît l’existence de difficultés politiques et financières. Et il estime que la Suisse manifeste «une réelle volonté de contribuer à jeter un pont entre les différents points de vue».

«La Suisse a vivement contribué au processus d’élaboration du traité, déclare-t-il à swissinfo. Nous avons aussi encouragé le Fonds fiduciaire mondial pour la biodiversité.»

Le patron de l’OFAG souligne encore les avantages d’un tel traité. «Il bénéficie du large soutien, tant de la part des pays développés que des pays en développement, rappelle-t-il. Tout le monde en profitera.»

«Je suis optimiste, conclut Manfred Bötsch. Jusqu’ici, toutes les délégations qui sont présentes à Madrid admettent que le traité est trop important pour laisser de petits problèmes techniques empêcher son application.»

swissinfo, Thomas Stephens
(Traduction de l’anglais: Isabelle Eichenberger)

– La diversité biologique, ou biodiversité, se mesure au nombre d’espèces(animaux, plantes et micro-organismes) vivant dans une zone donnée.

– Le déclin de la biodiversité est dû surtout aux activités humaines: urbanisation et agriculture.

– La planète compte entre 10 et 100 millions d’espèces animales et végétales.

– Selon l’Union mondiale pour la nature (UICN), 27’000 espèces disparaissent chaque année.

– 24% des espèces de mammifères et 12% des espèces d’oiseaux sont menacées.

– La Suisse a signé la Convention de l’ONU sur la biodiversité en 1994.

La Conférence sur les ressources génétiques pour l’agriculture et l’alimentation se réunit pour la première fois à Madrid, du 12 au 16 juin.
167 pays et l’Union européenne sont membre de la Conférence.
Il y a 103 partenaires pour le traité (102 pays et l’UE).

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