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Pressions contre les analystes financiers au Japon

Malade, l'économie japonaise n'aime manifestement pas trop que les analystes étrangers examinent ses comptes de trop près. Keystone Archive

Les rapports des analystes des banques helvétiques sont examinés à la loupe par l'Agence japonaise des services financiers. Le Japon veut éviter à tout prix que les banques étrangères révèlent au monde entier la gravité de la crise bancaire nippone.

A Tokyo, sous le couvert de l’anonymat, les analystes financiers de l’UBS et du Credit Suisse Group accusent l’Agence japonaise des services financiers(FSA). «Nous ne pouvons pas ignorer ce qui est récemment arrivé à notre collègue de ING Barings, confie l’un d’entre eux. En même temps, nous voulons éviter l’autocensure.»

A la fin mai, l’analyste de la banque hollandaise conseillait en effet de «vendre» le titre de Daiwa. Un conseil qui tombait à un mauvais moment pour l’établissement financier d’Osaka. Qui, selon des rumeurs, était au bord de la faillite.

Résultat: après avoir été menacé de poursuites judiciaires, ING Barings a fait paraître une annonce d’excuses dans la presse. Sans, pour autant, retirer sa recommandation de «vente» du titre de Daiwa.

«L’UBS et le Credit Suisse Group ne tiennent pas à s’exposer davantage, lance un analyste. A plusieurs reprises, elles ont déjà été accusées de violation de la réglementation locale. Et elles tiennent à rester au Japon.»

La FSA se défend de vouloir censurer les analystes étrangers. «Nous ne cherchons pas à contrôler ce qu’ils disent, déclare un porte-parole de l’agence japonaise. Mais nous pensons que leurs recherches peuvent être améliorées. C’est d’ailleurs un débat international.»

Les analystes, des deux grandes banques suisses notamment, voient les choses tout autrement. Pour eux, les Japonais ne veulent pas que le monde entier connaisse le montant des mauvaises dettes détenues par leurs banques. Des dettes récemment évaluées par la banque d’affaires Goldman Sachs à 1500 milliards de dollars.

Bref, il ne faut pas dissuader les investisseurs internationaux d’acheter des actions japonaises.


Georges Baumgartner, Tokyo

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