Remontées mécaniques des Portes du Soleil: vers une société unique
Plus grand domaine skiable d´Europe sur le plan géographique, les stations franco-suisses des Portes du Soleil s´acheminent vers une gestion unique. Pour y arriver une holding commune a été créée à la fin du mois de décembre.
«Nous collaborons avec les Français depuis 1967 et nous n’avons jamais eu de problèmes depuis 34 ans», explique René Avanthay, président de Télé – Champéry – Crosets. C’est lui qui a créé cette société anonyme avec le géant français des remontées mécaniques, Bernard Blas. La famille Blas gère les installations d’Avoriaz et de Val d’Isère, les plus grandes de France.
Cette société anonyme à parité égale entre Champéry-Crosets et Avoriaz va permettre de fonder une holding qui portera le même nom, «La société touristique des Portes du Soleil». Elle a pour but d’inviter les quatorze stations concernées à s’unir.
«A moyen terme – environ 10 ans – la gestion de ce domaine de 650 kilomètres comptant 206 remontées mécaniques sera unique, affirme René Avanthay. Les parts seront probablement réparties à un tiers pour Avoriaz, un tiers pour Champéry – Crosets et un tiers pour les autres, Français et Suisses confondus.
Avec cette société unique, le domaine dispose d’un outil moderne. Toutes les stations n’ont pas les moyens de gros investissements et les petites risquent de mourir. «Nous ne voulons pas tuer les petits par la globalisation, ajoute le président de Télé – Champéry – Crosets. Au contraire, nous voulons qu’ils vivent au sein de ce somptueux domaine».
Une fois sur pied, la société unique génèrera un chiffre d’affaires de 58 millions d’euros, soit 87,5 millions de francs suisses.
En revanche, une société unique verra la disparition de directeurs et de cadres, selon René Avanthay. Toutefois, le domaine touristique y gagnera en qualité et en fréquentation. Une situation qui normalement provoque la création d’emplois supplémentaires.
«La présence française dans ce cas précis des Portes du Soleil est une suite logique de l’histoire et ne doit pas être interprétée comme une mainmise de la France sur le patrimoine helvétique», explique René Avanthay.
On ne peut, effectivement, comparer cette union avec la famille Blas à celles réalisées à Verbier et Saas Fee. Deux cas où des stations suisses se sont rapprochées de la CDA, la Compagnie des Alpes.
Mais quand on sait que la Compagnie des Alpes et la famille Blas sont deux grands concurrents, on peut craindre que la guerre des remontées mécaniques ne soit pas encore mise au rancart.
Jean-Louis Thomas
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