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SAirGroup et la Belgique volent au secours de Sabena

Patron de SAirGroup, Philippe Bruggisser (ici lors d'une conférence de presse), est resté ferme face à l'Etat belge. Keystone Archive

SAirGroup et l'Etat belge se sont mis d'accord sur la recapitalisation de Sabena: 60% à charge du groupe suisse, 40% à charge de l'Etat belge, actionnaire majoritaire pour quelques mois encore. Mais les syndicats rejettent en partie cet accord.

Patrick Jeandrain, porte-parole de Sabena, ne mentait pas mercredi dernier lorsqu’il annonçait à Swissinfo un accord imminent sur la répartition de l’effort financier entre les deux actionnaires de la compagnie belge. Il avait raison également de pressentir que SAirGroup, contrairement à ce qu’indiquaient certaines rumeurs, ne lâcherait pas Sabena malgré les turbulences.

Le compromis intervenu samedi porte sur une recapitalisation totale de 230 millions de dollars sous forme de participation sans droit de vote supplémentaire. Pour l’heure, il s’agit d’un «accord de principe» qui ne se concrétisera que si le plan de restructuration Blue Sky, présenté l’automne dernier, peut être appliqué. Il prévoit 450 à 500 suppressions d’emplois.

Philippe Bruggisser, le patron de SAirGroup, l’a toujours dit: d’accord pour une participation importante de Zurich, mais à condition que l’Etat belge y mette du sien et que les syndicats s’engagent à maintenir la paix sociale malgré les restructurations.

Mais les syndicats, précisément, ont rejeté cet accord dimanche. Ils ne s’opposent pas complètement à la recapitalisation. Les divergences portent sur la convention collective de travail (CCT), les salaires, les suppressions de poste, prévues entre 450 et 500, et le processus de filialisation de la compagnie.

Selon les syndicats, l’injection de fonds ne garantit pas le future de Sabena. Ils craignent que cet accord accélère la privatisation de la compagnie.

Le plan Blue Sky doit permettre d’économiser 330 millions de dollars en deux ans. En outre, la vente de certaines activités Sabena à la maison-mère zurichoise rapportera 135 millions de dollars à la compagnie belge. Avec la recapitalisation, le bonus total se monte à près de 700 millions de dollars. Pour Sabena, c’est le prix à payer «pour redevenir profitable».

Au passage, on devine aussi un calcul subtil qui a permis au gouvernement belge d’accepter un effort plus important qu’envisagé initialement. En effet, sa participation de 93 millions de dollars représente 40% de la recapitalisation.

Mais le communiqué de presse préfère souligner qu’il s’agit de 15% du plan global. Or 15%, c’est précisément la part que l’Etat belge s’était dit prêt à débourser, conformément à la future répartition des forces dans le capital: dès que les accords bilatéraux entre l’Union européenne et la Suisse entreront en vigueur, SAirGroup acquerra 85% de Sabena.

Thierry Zweifel, Bruxelles

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