Swissair Group n’est pas encore tiré d’affaire
L'accord conclu entre le gouvernement belge et Swissair sur la recapitalisation de Sabena ne met pas le groupe suisse à l'abri de toute responsabilité financière future, estime un expert belge. En cas de faillite, Swissair pourrait aussi faire l'objet de plaintes pénales.
Ce scénario est plausible dans la mesure où Sabena, dont Swissair Group continuera à détenir 49,5% au lieu de 85% prévu un temps, apparaît loin d’être tirée d’affaire. «Des employés ou des créanciers pourraient porter plainte si la compagnie aérienne devait déposer son bilan, dit Robert Wtterwulghe dans une interview à la «SonntagsZeitung».
Plus qu’un simple actionnaire
Selon ce spécialiste belge du droit des sociétés, un juge pourrait alors condamner Swissair Group à injecter des fonds supplémentaires. Une situation pas contenue dans l’accord signé entre le gouvernement belge et Swissair, à propos duquel les deux partenaires soulignaient mardi qu’il les libérait de tout autre apport financier.
Selon Robert Wtterwulghe, Swissair Group est plus qu’un simple actionnaire au sein de Sabena. Le transporteur aérien suisse assure en effet depuis plus de cinq ans la conduite opérationnelle de la compagnie belge en difficultés. Et c’est sur cet aspect précis que l’expert entrevoit de possibles paiements supplémentaires.
Des spéculations, selon Swissair
Contacté par l’ats dimanche, le porte-parole de Swissair Group Siro Barino qualifie de spéculations la perspective d’une faillite de Sabena et de plaintes. Ne voulant en dire davantage, il rappelle simplement que l’accord avec le gouvernement belge prévoit bien que Swissair n’ira pas au-delà des 390 millions de francs suisses que le groupe s’est engagé à verser dans les deux ans.
Robert Wtterwulghe estime par ailleurs qu’il faudrait au moins 1,5 milliard de francs pour maintenir à terme Sabena en vie. Pour mémoire, l’accord de nouvelle recapitalisation annoncé mardi, une première injection de 380 millions est intervenue en février déjà, prévoit un apport total de 650 millions de francs.
Autres cas de figure
Des plaintes pénales pourraient également tomber si des cas de surfacturation à Sabena de certains services provenant de Swissair étaient mis en lumière, ajoute Robert Wtterwulghe. La volonté d’effectuer des affaires lucratives au lieu d’assurer la survie de la compagnie belge entre aussi en ligne de compte, selon l’expert.
A la question de savoir si des indices relevant de ces deux cas de figure existent, Robert Wtterwulghe répond: «Je crois que oui». A titre d’exemple, il cite les commandes d’Airbus intervenues via la filiale de Swissair Flightlease et qui ont donné lieu au versement de commissions au groupe suisse.
swissinfo avec les agences
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