Swissair lâche du lest
La facture est lourde. Au premier semestre, Swissair affiche 10 milliards de francs de dette et 234 millions de francs de pertes. Le groupe doit supprimer 1250 postes de travail, regrouper sa flotte avec celle de Crossair, vendre une partie de Swissport et de Nuance.
«Dans l’immédiat, ces mesures devraient sauver Swissair de la déroute, explique Pierre Condom, directeur de la revue Interavia. Elles devraient assainir les finances de la compagnie et redonner confiance aux investisseurs».
Et le spécialiste de l’aviation d’ajouter: «ces mesures restent conjoncturelles. En ce sens, il est impossible de savoir quelles sont les décisions que prendra la compagnie sur le plan opérationnel».
En effet, même si l’on parle de regroupement avec Crossair, il est impossible de savoir comment Swissair va se positionner sur le plan mondial.
Passer à la vitesse supérieure
Selon le nouveau patron du groupe, Mario Corti, «il était temps que Swissair passe à la vitesse supérieure pour trouver la voie de la guérison». Les chiffres sont éloquents: 234 millions de francs de perte, un endettement brut de 15 milliards de francs (10 milliards net).
En outre, les fonds propres du groupe ont fondu comme neige au soleil en passant de 700 millions de francs à 555 millions en six mois. A cause, notamment, de la provision de 251 millions de francs versée au voyagiste allemand LTU, dont Swissair est actionnaire majoritaire.
Et le versement de 300 millions de francs à l’ancien pôle français de Swissair AOM-Air liberté ne devrait pas arranger les choses. La seule bonne note du semestre concerne l’augmentation de 8% du chiffre d’affaires à 8,138 milliards de francs.
Pour sortir de l’ornière, le groupe s’est déjà séparé de Swissôtel (3 milliards de francs). Il devrait vendre, au début 2002, la majorité de Swissport (assistance au sol) et la totalité de Nuance (hors taxe). Le résultat de ces ventes devrait permettre de réduire la dette de 4,6 milliards supplémentaires.
Pierre Condom estime qu’il s’agit là d’un bon train de mesures. D’autant que Swissair n’a pas touché à Gate Gourmet, société de catering bien placée sur le plan mondial, et très rentable.
Réduction de la flotte
«Grâce à Crossair qui jouit actuellement d’une bonne image auprès des investisseurs, souligne Pierre Condom, Swissair tente de redorer son blason». Mais le directeur d’Interavia reste sceptique. D’autant que les deux entreprises sont culturellement opposées.
Les syndicats ont bien entendu réagi à la suppression des 1250 emplois. A l’instar du syndicat suisse des services publics. «Nous allons nous employer à sauvegarder le maximum d’emplois et exiger une amélioration du plan social, lance Daniel Vischer, président de la section transport aérien du SSP.
Jean-Louis Thomas
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