Syndrome des Balkans: l’ONU confirme la découverte suisse
Le Programme des Nations unies pour l'Environnement a confirmé à Genève que le laboratoire Atomique-Chimique de Spiez, en Suisse, avait effectivement découvert du plutonium dans des échantillons de munitions ramenées l'an dernier du Kosovo.
L’isotope 236 (plutonium) n’existe pas dans la nature. Autrement dit, cette découverte semblerait prouver que l’OTAN a utilisé des obus fabriqués à partir de déchets de centrales nucléaires, lesquelles produisent du plutonium au moment de la combustion des matières fissiles.
Il faut savoir aussi que la radioactivité du plutonium est environ 200 000 fois plus importante que celle de l’uranium, et que sa radiotoxicité près d’un million de fois supérieure.
Suite aux informations données en Suisse mardi sur les traces d’uranium 236 découvertes à Spiez, le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) a révélé que l’un des cinq laboratoires mandatés pour analyser les 340 échantillons récupérés sur des sites bombardés par l’OTAN avait trouvé des traces d’uranium retraité.
Le PNUE juge que cette présence est si infime (0,0028 pour cent) que la radiotoxicité de cet uranium appauvri n’est pas plus importante que si cet isotope en était totalement absent.
L’organisation environnementale n’en tire pas encore d’enseignement définitif. Elle sera plus explicite en mars, lors de la publication des analyses des cinq laboratoires. Elle a cependant demandé à l’Organisation mondiale de la santé et à ses autres partenaires d’évaluer ce résultat provisoire.
A noter aussi que mercredi à Strasbourg le Parlement européen a voté à une très forte majorité une résolution prônant un moratoire sur les munitions à uranium appauvri. Cette prise de position n’a pas force juridique. La semaine dernière, l’OTAN avait refusé pareille proposition de moratoire avancée par l’Allemagne et l’Italie.
Bernard Weissbrodt
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