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UBS Capital prévoit une lourde perte sur l’exercice 2001

Les coups durs se succèdent pour l'UBS. Keystone

UBS Capital devrait essuyer une perte avant impôts de 350 à 400 millions de francs sur les neuf derniers mois de 2001 et jusqu'à 680 millions sur l'ensemble de l'année. Cette unité de l'UBS spécialisée dans les investissements dans les sociétés non cotées affronte un marché difficile.

«C’est inquiétant», résume Sarah Hyppolyte, analyste à l’Union bancaire privée (UBP). Même si le niveau global de la banque d’investissement dans les sociétés non cotées (private equity) est relativement faible dans la conjoncture actuelle.»

Les craintes de «nouvelles mauvaises surprises» ne s’en voient pas atténuées dans la perspective de l’annonce des résultats semestriels le 14 août, estime Sarah Hyppolyte. Les pertes du private equity sont concentrées sur le 2e trimestre 2001, relève l’UBS dans son explication. Au 31 mars, la valeur comptable du portefeuille d’investissements d’UBS Capital s’inscrivait à 5,7 milliards de francs, à l’exclusion de gains non réalisés.

Encore trop tôt pour 2002

Les tensions qui règnent sur le marché ont donc conduit UBS Capital à ajourner les désinvestissements prévus ou à réviser à la baisse le montant des gains escomptés. «La diminution des évaluations dans certains secteurs s’est traduite par plusieurs correctifs de valeur», précise Monika Dunant, porte-parole de la banque.

L’UBS a également annoncé qu’elle réduirait le taux de nouveaux investissements figurant à son propre bilan dans le domaine du private equity, en raison de la volatilité accrue du marché. Pour 2002, «il est encore trop tôt pour donner des estimations», poursuit Monika Dunant.

UBS Capital, entité rattachée à UBS Warburg, a essuyé une perte avant impôts de 282 millions de francs au 1er trimestre 2001, contre un bénéfice de 56 millions au 4e trimestre 2000. Ce qui pourrait entraîner une perte de 680 millions sur l’année. La branche du private equity de l’UBS tablait toutefois sur «une meilleure performance» pour l’ensemble de l’année, indiquait encore la banque à l’époque.

Circonspection

Si les perspectives s’avèrent désormais moins optimistes, c’est que la banque a pris connaissance des études internes. Les nécessaires réajustements n’ont été connus qu’il y a peu. «C’est dans un souci de transparence que nous avons annoncé ces modifications», précise Monika Dunant.

Sarah Hyppolyte s’étonne de ce retournement de tendance en si peu de temps. D’autres observateurs parlent même de «plaisanterie et de manque de sérieux» de la part de la plus grande banque suisse. «On s’attendait à des changements avec l’arrivée de Luqman Arnold, il n’en est rien», note l’analyste de l’UBP.

La porte-parole de l’UBS indique encore qu’opérer des projections dans ce secteur est «très» difficile et prend du temps. «Une part importante des sociétés du portefeuille ne sont pas cotées et pour connaître leur santé il faut les comparer avec des entreprises similaires et actives dans le même secteur.»

Deuxième coup dur

Cet avertissement sur perte est le deuxième coup dur qui intervient en deux semaines: le 11 juillet, l’UBS annonçait que l’unité d’affaires spécialisée dans les investissements dans les sociétés non cotées ne deviendrait pas autonome, comme prévu.

Conséquence immédiate: la première banque suisse se séparait pour fin juillet de Pierre de Weck, directeur d’UBS Capital et membre de la direction générale.

UBS Capital occupe 134 employés. Son portefeuille a rapidement crû ces dernières années. En 1998, il se montait à 1,784 milliard de francs et à 2,993 milliards en 1999. Une année plus tard, sa valeur avait à nouveau presque doublé pour atteindre 5,549 milliards.

swissinfo avec les agences

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