Frédéric Mairy maintient sa confiance envers la direction du CNP
Le conseiller d'Etat neuchâtelois Frédéric Mairy maintient sa confiance envers la direction et le conseil d'administration du Centre neuchâtelois de psychiatrie (CPN), qui a enregistré plusieurs suicides. Le socialiste, en charge de la santé, a expliqué que les indicateurs annuels de qualité montrent que les choses fonctionnent au sein de l'établissement.
(Keystone-ATS) Les suicides sont «une réalité dans les institutions psychiatriques et il faut composer avec», a expliqué le conseiller d’Etat dans un entretien diffusé mardi par ArcInfo. «Avec deux suicides cette année, nous sommes dans la moyenne des années précédentes, qui oscillent entre zéro et trois suicides […] Ce taux se situe dans la fourchette basse pour un tel établissement», a-t-il relevé.
Dans une enquête parue la semaine dernière, Arcinfo avait donné le chiffre de cinq décès de patients en treize mois (entre avril 2025 et mai 2026), dont quatre suicides. Trois des familles ont porté plainte contre l’institution. Un collectif de soignants avait alerté en avril 2024 les autorités neuchâteloises de carences en matière de soins au sein du CNP.
Le Centre neuchâtelois de psychiatrie déploie depuis plusieurs années un programme d’amélioration, a ajouté le conseiller d’Etat. «Globalement, j’ai le sentiment que les choses fonctionnent. Cela ne veut pas dire qu’elles ne doivent pas s’améliorer. Mais les indicateurs annuels de qualité montrent que nous sommes dans la moyenne».
Confiance maintenue
Le chef du Département neuchâtelois de la santé, de la jeunesse et des sports (DSJS) maintient sa confiance «tant envers le conseil d’administration que la direction générale» du CNP. La direction porte un programme d’améliorations «positif», selon lui, même s’il peut heurter certains modes de fonctionnement, ce qui explique aussi certains départs, a-t-il précisé.
Frédéric Mairy a souligné également qu’il n’y a pas de difficultés ou de problème structurel entre le Centre neuchâtelois de psychiatrie et le Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe), ni de remise en question du Centre d’urgences psychiatriques (CUP). Le médecin-chef du CUP, Stéphane Saillant, a décidé de quitter ses fonctions pour fin juillet.
Le cadre est aussi responsable de la psychiatrie de liaison, chargée d’intervenir auprès des patients hospitalisés au RHNe nécessitant une prise en charge psychiatrique. Selon Arcinfo, il y aurait eu des divergences de vues concernant la gestion du service de l’unité de liaison hospitalière.
Pour Frédéric Mairy, «il est important de souligner qu’il n’y a pas de difficultés ou de problème structurel entre le CNP et le RHNe, ni de remise en question du CUP».
RHNe: «cadres pas intouchables»
Par rapport au cas de harcèlement au RHNe, Frédéric Mairy a précisé que quatre personnes ont été licenciées, quatre sont parties volontairement et 17 ont fait l’objet d’un recadrage. «Le conseil d’administration a géré cette affaire sans que le Conseil d’Etat n’ait dû intervenir», a-t-il ajouté.
Un rapport confidentiel, révélé par la RTS, avait décrit un climat de harcèlement moral et sexuel dans certains blocs opératoires du Réseau hospitalier neuchâtelois. Dans Forum mardi soir, Frédéric Mairy a réfuté l’idée que certains cadres seraient intouchables.
«Il faut vraiment voir cette démarche dans son ensemble, avec une institution qui a eu le courage de prendre des décisions à l’égard des collaborateurs qui ne sont plus là.» Et de préciser: «La situation reste suivie de près par le conseil d’administration et si d’autres départs doivent être décidés, ils le seront.»