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Premiers soldats américains tués lors de l’opération contre l’Iran

Keystone-SDA

Washington a fait état dimanche des premiers soldats américains tués dans le cadre de l'opération contre l'Iran lors de laquelle le guide suprême, Ali Khamenei, a été tué, Téhéran menant des frappes de représailles sur les pays du Golfe et sur Israël.

(Keystone-ATS) Alors que l’attaque israélo-américaine sans précédent se poursuit contre l’Iran, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a mis en garde contre une «série d’événements que personne ne peut contrôler», et le pape Léon XIV a appelé à mettre fin à la «spirale de la violence».

En riposte à l’attaque lors de laquelle plusieurs hauts responsables iraniens ont péri samedi, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où huit personnes ont été tuées dimanche selon les secours.

En riposte à l’attaque lors de laquelle de très hauts responsables iraniens ont péri samedi, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël, où neuf personnes ont été tuées dimanche selon les secours.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont dit avoir lancé une attaque «de grande envergure» contre «l’ennemi», un responsable iranien soulignant que Téhéran visait les bases américaines dans les pays voisins, et non ces voisins.

Trois soldats américains ont été tués et cinq autres grièvement blessés dans le cadre de l’opération contre l’Iran, a annoncé dimanche le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les premières victimes américaines connues.

«Revenir à la raison»

Des journalistes de l’AFP ont entendu de nouvelles explosions à Dubaï, Abou Dhabi, Doha, Ryad et Manama, ainsi qu’Oman, médiateur dans les négociations reprises début février entre l’Iran et les Etats-Unis.

Ryad a intercepté des missiles iraniens visant l’aéroport international de Ryad et la base aérienne du prince Sultan, qui abrite des militaires américains, a indiqué à l’AFP une source du Golfe au fait du dossier.

Deux navires ont été attaqués au large des Emirats arabes unis et d’Oman dans le détroit d’Ormuz, selon des agences de sécurité maritimes. Le premier armateur mondial, l’italo-suisse MSC, a ordonné à tous ses navires présents dans le Golfe de «se mettre à l’abri». Les Emirats, où trois personnes ont été tuées et 58 blessées depuis samedi, ont appelé l’Iran à revenir «à la raison».

Vols annulés

Les hostilités ont entraîné l’annulation de plusieurs centaines de vols à travers le monde vers le Moyen-Orient. Le Royaume-Uni a exhorté ses citoyens se trouvant à Bahreïn, au Koweït, au Qatar et aux Emirats à «rester à l’abri». La France se dit se tenir prête à évacuer ses ressortissants au Proche-Orient.

Comme il avait prévenu, l’Iran a aussi répliqué avec de nouvelles frappes contre Israël. Neuf personnes ont été tuées dimanche à Bet Shemesh, dans le centre d’Israël, quand un bâtiment s’est effondré à la suite d’une «frappe directe» de missile iranien, ont annoncé les secours, précisant avoir évacué 28 blessés dont deux dans un état grave.

Plus de 20 personnes ont aussi été blessées à Tel-Aviv. Dimanche matin, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti dans plusieurs régions d’Israël. D’abord annoncée par Donald Trump, la mort d’Ali Khamenei a été confirmée dans la nuit par la télévision d’Etat iranienne.

Le président, Massoud Pezeshkian, a déclaré dimanche que venger sa mort était un droit «légitime», la considérant comme une «déclaration de guerre contre les musulmans».

«HIER, L’IRAN A TIRÉ DES MISSILES SUR LES ÉTATS-UNIS ET ISRAËL, ET ILS ONT FAIT MAL. AUJOURD’HUI, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE QU’ILS N’ONT JAMAIS CONNUE», a prévenu le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, sur X.

Des milliers de personnes se sont rassemblées à Téhéran, certaines en larmes, brandissant des drapeaux iraniens aux cris de «mort à l’Amérique», «mort à Israël», selon un journaliste de l’AFP sur place. Même slogans à Chiraz, la grande ville du sud, où une foule a crié vengeance, selon l’agence de presse Tasnim.

«Frapper avec force»

Dans la nuit, la nouvelle de la disparition de celui qui a dirigé l’Iran d’une main de fer durant près de 37 ans avait aussi été accueillie à Téhéran avec de la musique depuis des fenêtres et par des acclamations dans les rues, selon des vidéos vérifiées par l’AFP.

Alors que les Etats-Unis et Israël ont dit qu’ils continueraient leurs frappes, plusieurs explosions ont été entendues dans la matinée à Téhéran, ont rapporté des journalistes de l’AFP, peu avant que l’armée israélienne dise frapper «au coeur» de la capitale.

Après de premières menaces de représailles des Gardiens de la Révolution, M. Trump a prévenu sur sa plateforme Truth Social: «S’ILS LE FONT, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE SANS PRECEDENT!». Il a jugé que le peuple iranien tenait là sa «plus grande chance» de «reprendre» le contrôle du pays.

Donald Trump, a multiplié dimanche les coups de fil avec les journalistes depuis sa résidence de Floride, a déclaré au magazine The Atlantic qu’il «allait parler» aux dirigeants iraniens, mais sans dire quand ni quels seraient ses interlocuteurs. Donald Trump a par ailleurs déclaré «48 dirigeants» iraniens avaient été tués jusqu’ici.

Outre Khamenei, sept hauts responsables iraniens, dont le chef des Gardiens Mohammad Pakpour, Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême, et le chef d’état-major de l’armée, Abdolrahim Moussavi, ont été tués, a confirmé la télévision d’Etat.

«Couper la tête du serpent»

La transition du pouvoir sera assurée par un triumvirat composé de Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d’Alireza Arafi, un haut dignitaire religieux, membre du Conseil des Gardiens de la Révolution, selon un média d’Etat.

En Iran, le Croissant-Rouge iranien a annoncé samedi la mort de plus de 200 personnes dans les frappes à travers le pays. Le pouvoir judiciaire a fait notamment état d’au moins 108 morts dans une école de filles, un bilan invérifiable de source indépendante. Israël a dit ne pas être au courant d’une frappe sur une école.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a justifié l’opération par la «menace existentielle» que fait peser selon lui l’Iran sur Israël. Son pays célébrait dimanche la mort de l’ennemi juré de l’Etat. L’armée israélienne a annoncé qu’elle allait mobiliser 100’000 réservistes dans le cadre de l’offensive contre l’Iran, selon un communiqué militaire.

De hauts responsables américains ont accusé samedi les autorités iraniennes d’avoir lancé la reconstruction des sites nucléaires frappés en juin 2025 et d’exclure de discuter de leurs missiles balistiques, un point majeur d’inquiétude pour Israël. L’Agence internationale de l’énergie atomique a annoncé une réunion extraordinaire lundi à Vienne.

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