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Haïti: 50’000 morts et 250’000 blessés selon un ministre

(Keystone-ATS) Port-au-Prince – Des centaines de milliers de personnes ont entamé une nouvelle nuit de cauchemar mercredi soir dans les décombres de Port-au-Prince. Auparavant, le président haïtien René Préval avait dit redouter la mort de dizaines de milliers de personnes dans le séisme.
René Préval a évoqué un bilan de 30 000 à 50 000 morts, sans préciser d’où venaient ces estimations. Quelques heures auparavant, son Premier ministre Jean-Max Bellerive avait dit craindre «bien plus de 100 000 morts».
Des quartiers entiers sont transformés en cimetières à ciel ouvert alors que des centaines de milliers de personnes passent la nuit à la belle étoile, dans l’obscurité totale, faute de courant. Pour leur part, les forces de l’ONU fouillent les ruines et tentent de disperser les pillards.
Le séisme, de magnitude 7 sur l’échelle de Richter, est le plus violent depuis plus de 200 ans à frapper ce pays, l’un des plus pauvres de la planète. Des écoles, des hôpitaux, des immeubles, des baraquements des bidonvilles se sont écroulés sous la violence de la secousse survenue mardi vers 17h00 locales.
Près de 24 heures après la catastrophe, des habitants erraient dans les rues dévastées, abruties par le choc, ou s’efforçaient de venir en aide à des personnes bloquées sous les décombres. La Croix-Rouge locale s’est dite débordée alors que l’aide internationale se met en place.
L’Onu a été durement touchée, le bâtiment de cinq étages abritant le siège de sa mission dans le pays, la Minustah, s’est effondré. L’organisation a déclaré que le nombre de ses employés morts serait probablement «extrêmement élevé». Une centaine de personnes ont disparu sous les décombres de l’immeuble.
Mercredi dans la journée, d’énormes moyens militaires ont commencé à être mis en oeuvre la cadre de la mobilisation internationale pour secourir le pays dévasté.
Rouvert après le séisme, l’aéroport de Port-au-Prince a vite été saturé, ce qui a notamment forcé un gros porteur français à retarder son départ de l’île de la Martinique. Parallèlement, un bâtiment des garde-côtes des Etats-Unis est arrivé, suivi par un second bateau.
En outre, un porte-avions nucléaire américain devrait être jeudi en vue d’Haïti et Washington envisage d’y envoyer un navire-hôpital.
Le tout s’inscrit sur un fond de mobilisation majeure annoncée par l’ONU en faveur du pays le plus pauvre des Amériques. La Fédération internationale de la Croix-Rouge, dont le siège est à Genève, se préparait à venir en aide à «un maximum de trois millions de personnes», soit le nombre des habitants de la zone touchée par le séisme.
La Banque mondiale s’est engagée au déblocage de 100 millions de dollars supplémentaires pour Haïti, cependant que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque interaméricaine de développement (BID) devraient lui emboîter le pas.
Nourriture, secours, médicaments et eau sont d’une «importance vitale» dans ce territoire démuni, où plus aucune infrastructure ne fonctionne depuis le tremblement de terre, a relevé le Programme alimentaire mondial (PAM), agence des Nations unies. Il compte plus de 200 personnes sur place et s’apprête à dépêcher deux avions transportant de l’aide alimentaire.
Pour sa part, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a annulé le reste de sa tournée dans le Pacifique et retourne à Washington en raison du séisme. Selon elle, son bilan sera «l’un des plus élevés de ces dernières années en termes de pertes en vies humaines».

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