En Suisse, la prière gagne du terrain, mais s’éloigne des Eglises
Plus de huit Suisses sur dix se disent proche de la foi chrétienne. C'est l'un des constats de l'Institut d'éthique sociale de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse qui publie un sondage révélateur sur les comportements religieux des Helvètes.
Plus de huit Suisses sur dix se disent proche de la foi chrétienne. C’est l’un des constats de l’Institut d’éthique sociale de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse qui publie un sondage révélateur sur les comportements religieux des Helvètes.
Dieu n’est pas mort dans le coeur des Suisses. Il existerait même pour 71 pour cent d’entre eux, qui prient…individuellement. Ce score confirme l’ancrage accru d’un besoin de religiosité dans une société sécularisée et laïcisée. C’est ce que révèle cette enquête sur la religion et le lien social en Suisse, publiée jeudi par l’Hebdo, et dirigée par Roland J. Campiche sociologue et directeur de l’Institut d’éthique sociale.
Selon cette étude, menée auprès de 1549 personnes, 38 pour cent de la population suisse prie quotidiennement. Mieux, 23 pour cent le fait le soir avec les enfants à table. Aujourd’hui, 9,6 pour cent des personnes interrogées avouent ne jamais prier contre 17,6 pour cent il y a dix ans. A cette époque, une enquête avait montré que 41 pour cent des Suisses priaient chaque jour.
Cette augmentation de la religiosité, de l?invocation quotidienne de Dieu, s’accompagne d’un net déclin de la pratique religieuse. Depuis 1962, les non-pratiquants ne cessent d’augmenter. Dans les années 60, 18 pour cent des catholiques et 34 pour cent des protestants se situaient dans la catégorie des non-pratiquants. En 1998, ils étaient respectivement 38,5 pour cent et 50,7 pour cent.
Cette enquête ne fait que confirmer l’individualisation, une tendance générale perceptible dans tous les secteurs de la société, y compris dans les partis politiques ou les syndicats. Justement, l’Union syndicale suisse vient de constater une perte de 7110 membres en 1999. C’est ainsi que 47,6 pour cent (37,4 pour cent en 1988) des sondés ne vont jamais à l’église ou uniquement lors de fêtes de famille. La pratique dominicale, au moins une fois par mois, diminue: 24,4 pour cent des personnes interrogées en 1998 contre 34,3 pour cent il y a dix ans.
La sentiment religieux reste toujours vivace. Il s’est juste éloigné des structures institutionnelles et collectives. Ce qui explique que la prière se pratique de manière individuelle. Deux Suisses sur cinq disent prier tous les jours. Tandis qu’un sur dix ne prie jamais.
L’enquête a également cherché à savoir de quelles spiritualités les Suisses se sentent le plus proche. Les résultats sont, dans l’ensemble, conformes à l’image que l’on peut s’en faire. Ainsi 84,9 pour cent s’identifient au christianisme, 14 pour cent au judaïsme, 5,1 pour cent à l’islam.
Mais, au moment des célébrations de la résurrection, un constat pour le moins inattendu nous est livré par l’enquête: un Suisse sur quatre se dit proche de la croyance bouddhiste en la réincarnation.
swissinfo avec les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.