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Jean-Paul II jette un nouveau pont entre juifs et catholiques

Le rabbin François Garaï de Genève et le nouveau directeur de l'Ecole biblique de Jérusalem, le dominicain suisse Jean-Michel Poffet, s'interrogent sur les attentes - juive et catholique - du pèlerinage de Jean-Paul II en Terre sainte.

Le rabbin François Garaï de Genève et le nouveau directeur de l’Ecole biblique de Jérusalem, le dominicain suisse Jean-Michel Poffet, s’interrogent sur les attentes – juive et catholique – du pèlerinage de Jean-Paul II en Terre sainte.

Les Israélites peuvent s’attendre à un nouveau geste de repentance de la part de l’Eglise romaine face aux fidèles juifs. Et plus particulièrement par rapport à la Shoah. De par les lieux sacrés sur lesquels se recueillera Jean-Paul II: le mur des Lamentations, jeudi, et surtout le Mémorial du souvenir de Yad Vashem, dimanche.

«Pour qu’il y ait pardon, dans la Loi juive, déclare le rabbin François Garaï, il faut que le fautif demande d’abord l’absolution à ceux envers qui il a commis une action malveillante. Avant d’adresser sa requête de pardon à Dieu. Or, dans le cas où les personnes sont décédées, le demandeur du pardon doit se rendre sur la tombe du lésé.» D’où l’importance capitale du passage de Jean-Paul II à Yad Vashem.

Car, sans être directement impliqué durant la Seconde Guerre mondiale, le Vatican porte une part de responsabilité dans le génocide des Juifs, entre connivence et indifférence, semblable à celle de la Suisse, toutes proportions gardées. Un avis partagé par le rabbin Garaï et le père Jean-Michel Poffet.

Le tout nouveau directeur de l’Ecole biblique de Jérusalem rappelle que, le 12 mars dernier, Jean-Paul II avait déjà demandé pardon pour les péchés commis par l’Eglise catholique vis-à-vis du peuple juif. Ce geste, généralement jugé insuffisant par les instances religieuses israéliennes, avait été précédé par nombre de rapprochements entre instances catholiques et juives.

Avant le conflit mondial de 1939-45, Pie XI avait déclaré que tous les chrétiens étaient des sémites. Idée malheureusement passée sous silence par son successeur durant la guerre. Ce n’est qu’en 1965 que le Concile Vatican II allait rappeler que les Juifs sont chers à Dieu. En 1986, Jean-Paul II liait le geste à la parole en se rendant à la synagogue de Rome. Enfin, le 30 décembre 1993, le Vatican reconnaissait l’Etat d’Israël.

Par sa simple présence en Terre sainte, le Pape jette un nouveau pont entre juifs et chrétiens. «Même si, rappelle le dominicain suisse, ce voyage du chef de l’Eglise catholique est avant tout voué au sacré.»

Emmanuel Manzi

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