L’œuf de Pâques: entre religion chrétienne et symbole païen
Pâques, fête religieuse s’il en est, rime aussi avec réjouissances familiales. Comme chaque année, petits et grands sortiront leurs paniers pour aller faire la course aux œufs. De nombreuses manifestations sont aussi organisées dans toute la Suisse.
Pâques, fête religieuse s’il en est, rime aussi avec réjouissances familiales. Comme chaque année, petits et grands sortiront leurs paniers pour aller faire la course aux œufs. De nombreuses manifestations sont aussi organisées dans toute la Suisse.
Tradition, festivités et commerce font bon ménage, c’est bien connu, et Pâques n’échappe pas à la règle. En Suisse, bon nombre de localités profitent de l’occasion pour organiser des manifestations qui font la part belle aux œufs sous toutes leurs formes.
Ainsi, les Diablerets, dans le canton du Vaud, proposent une course aux œufs dans les alpages de la station. Idem à Leysin. Mais là, les amoureux du pinceau pourront aussi se jeter sur les couleurs pour décorer ces formes des plus parfaites.
Car l’œuf est bel et bien symbole de perfection. Selon de nombreuses civilisations, ses courbes harmonieuses auraient donné naissance au monde.
La tradition, qui consiste à offrir des œufs décorés, est d’ailleurs bien antérieure au christianisme et à la célébration des fêtes de Pâques. Chinois et Egyptiens, plusieurs millénaires avant la naissance du Christ, avaient déjà pour habitude de donner à leurs proches des œufs peints aux couleurs du printemps pour glorifier le renouveau de la vie.
Cette coutume plonge donc ses racines dans la plus pure tradition païenne. Celle qui, au travers de rites, de festins et de chants, célèbre le réveil de la terre et de la fécondité.
Dans la religion chrétienne, Pâques symbolise aussi une victoire de la vie, puisqu’elle commémore la résurrection du Christ. Depuis le concile de Nicée, en l’an 325, l’Eglise a décidé que cette commémoration tomberait le dimanche suivant la pleine lune de l’équinoxe de printemps. Rien d’étonnant donc à ce que les fêtes pascales associent rites païens et religieux.
Mieux: afin d’enraciner la foi chrétienne, l’Eglise s’est délibérément approprié certaines traditions des anciennes religions. A Pâques, les feux de joie, qui saluent le retour de la belle saison, sont ainsi allumés sur le parvis des cathédrales et les œufs sont bénis par les prêtres.
L’œuf acquiert ainsi ses lettres de noblesse et cette offrande devient, à Pâques, une tradition à laquelle nul ne saurait déroger.
Autre élément propre à expliquer cet engouement: au 4eme siècle, l’Eglise a introduit l’interdiction de manger des œufs durant le carême. Après 40 jours de jeûne, où les poules ne cessent cependant pas de pondre, il faut donc écouler les surplus. L’occasion de mettre l’œuf à l’honneur dès le premier jour de bombance.
L’œuf de Pâques s’est donc imposé au fil des siècles et au gré de l’imagination des populations. Ainsi, en France, on raconte aux enfants que les œufs de Pâques sont apportés par les cloches revenues de Rome après avoir reçu la bénédiction du pape. En Suisse, c’est le lapin qui est chargé de transporter la friandise. Car, comme chacun le sait, la majorité des œufs de Pâques sont désormais en chocolat. Une innovation vieille d’un peu plus d’un siècle seulement.
Vanda Janka
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