L’angoisse des Suisses établis à la frontière israélo-libanaise
Dans la perspective d'un prochain retrait israélien du Sud-Liban, la tension monte en flèche des deux côtés de la frontière. Et les 560 habitants du kibboutz Hanita (dont une cinquantaine ont un lien avec la Suisse) vivent dans l’anxiété.
Dans la perspective d’un prochain retrait israélien du Sud-Liban, la tension monte en flèche des deux côtés de la frontière. Et les 560 habitants du kibboutz Hanita (dont une cinquantaine ont un lien avec la Suisse) vivent dans l’anxiété.
A la fin des années 60, un groupe de jeunes juifs suisses, la plupart originaires de Zurich, se sont installés au kibboutz Hanita. Yedoudah Pruschy se souvient encore de ces années où il lui était possible de se promener de l’autre côté de la frontière.
Mais, dès les années 60, il y a eu les infiltrations de commandos palestiniens. Puis, en 1978, la première incursion israélienne au Sud-Liban. Et, en 1982, la guerre qui mènera l’armée israélienne jusqu’à Beyrouth.
La mise en place, du côté libanais, de la zone de sécurité rassurera Yedoudah Pruschy et les autres habitants du kibboutz Hanita. Mais la récente décision du gouvernement israélien de démanteler, d’ici à juillet prochain, la zone de sécurité créée au lendemain de la guerre a replongé d’un coup les Suisses de Hanita dans l’angoisse.
Yochi Solna, responsable de l’une des deux usines du kibboutz, affirme ne pas craindre pour sa vie ou celle de sa famille. En revanche, il a peur que la production de son usine soit affectée par une montée de la tension à la frontière. Et que ses clients s’adressent ailleurs.
Ses revenus, le kibboutz les tire à 90 pour cent de la production de ces usines, l’une de films solaires, l’autre de verres de contact. «Si les routes d’accès du kibboutz sont bombardées, tout s’arrêtera», affirme Yochi Solbi.
Même souci du côté d’Orna Cariv qui dirige l’école pour autistes du kibboutz: «Nos élèves viennent de toute la Galilée, que se passera-t-il si la tension s’aggrave?». Mais cette Zurichoise d’origine de conclure: «Peut-être que la paix est à ce prix».
Simon Léger
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