L’inflation amorce sa décrue en juin
Les prix à la consommation en Suisse ont entamé leur décrue en juin, grâce à un repli dans le secteur de l'alimentation et des boissons qui a partiellement compensé l'accélération des tarifs des produits pétroliers.
(Keystone-ATS) L’inflation a augmenté pendant la période sous revue de 0,5% sur un an. Comparé au mois précédent, les prix ont même fait du surplace, a indiqué jeudi l’Office fédéral de la statistique.
Ces données marquent un ralentissement des prix à la consommation, ces derniers ayant accéléré en mai de 0,6% sur un an et de 0,2% sur un mois.
Les chiffres de juin sont par ailleurs conformes aux attentes des économistes interrogés par l’agence AWP, les experts ayant tablé sur une inflation entre 0,4% et 0,5% sur un an. La variation mensuelle était attendue entre 0,0% et 0,1%.
Le principal poste de dépenses des ménages suisses, le loyer, a une nouvelle fois enregistré une progression de 1,4% comparé à juin 2025, alors que les produits pétroliers ont encore bondi de 15,4% en raison des effets sur les prix de la guerre au Moyen-Orient, après une accélération de 18% en mai.
Le coût de la santé a par contre reculé de 0,4% et celui de l’alimentation et des boissons de 1,2%. Le prix du café a ainsi décru de 3,3%.
Effet bénéfique du franc
Pour l’ensemble de l’année, la majorité des économistes table sur une inflation entre 0,5% et 0,7% et de 0,6% à 0,8% en 2027. A ce niveau, les prix se situent dans la fourchette des 0% à 2% défendue par la Banque nationale suisse (BNS) et qu’elle assimile à la stabilité des prix. L’institut d’émission n’aura donc pas, à priori, à intervenir les prochains mois sur son taux directeur.
«La Suisse ne fait pas face à un problème d’inflation généralisée, mais à quelques ajustements sectoriels très localisés», le logement demeurant le principal moteur des prix, a commenté Arthur Jurus, directeur des investissements à la banque Oddo BHF Suisse.
Protégée grâce à la force du franc de l’inflation dite importée, les prix à la consommation dans la Confédération sont nettement plus bas que dans la zone euro qui a enregistré une inflation à 2,8% en juin. Ils sont également largement en dessous du taux enregistré aux Etats-Unis qui a culminé en mai à 4,2% (CPI) sur un an.
Le franc continue en effet «de jouer son rôle d’amortisseur macroéconomique», une appréciation de 10% de la monnaie helvétique réduisant l’inflation d’environ un point de pourcentage avec un décalage de plusieurs trimestres, a expliqué M. Jurus.