Légère cure d’austérité en France en 2015 et 2016
(Keystone-ATS) Le ministère français des finances a présenté mercredi son programme de stabilité, dans lequel il prévoit 9 milliards d’euros d’économies supplémentaires en 2015 et 2016. Il espère y parvenir grâce à un effort notamment sur les dépenses d’assurance-maladie.
Dans ce texte de 90 pages portant sur les années 2015 à 2018, le ministère détaille les 4 milliards d’économies supplémentaires rendues nécessaires par la très faible inflation pour cette année et annonce, sans les détailler, 5 milliards supplémentaires pour 2016.
Les quatre milliards d’économies se répartissent ainsi: 1,2 milliard de dépenses en moins pour l’Etat et ses opérateurs et 1 milliard de moins sur les dépenses de santé et de protection sociale cette année.
S’ajoutent à cela, un bénéfice constaté de 400 millions d’euros supplémentaires dans la lutte contre la fraude fiscale, de 200 millions de plus au titre des dividendes de l’Etat actionnaire, et 1,2 milliard de moindre dépense pour la charge de la dette grâce aux taux d’intérêts très bas.
En deçà de la demande de Bruxelles
En 2016, les économies seront réparties proportionnellement entre les trois grands secteurs (1,6 milliard d’effort pour l’Etat, 2,2 milliards pour la protection sociale et 1,2 milliard dans les dépenses de fonctionnement des collectivités locales), a expliqué Bercy sans s’avancer davantage.
Le ministère a déjà prévu que l’objectif de dépenses de l’assurance-maladie n’augmentera en 2016 que de 1,75% au lieu de 2% prévus auparavant.
Parallèlement, le gouvernement qui s’est engagé à réduire régulièrement le déficit public d’ici à 2017, jusque sous la barre des 3% du PIB, a décidé de limiter la réduction du déficit structurel (calculé hors effets de la conjoncture) à 0,5 point de PIB par an (environ 10 milliards d’euros) jusqu’en 2017. Il se situe en deçà de la demande de Bruxelles qui souhaitait un effort structurel de 0,8 point en 2016 et de 0,9 point en 2017.
Une autre voie
«Nous avons considéré, dans le respect de la Commission européenne (…) qu’une autre voie était possible pour atteindre les mêmes objectifs et même meilleurs (…)», a déclaré mercredi le ministre des Finances Michel Sapin avant son départ pour la Suisse où il accompagne François Hollande dans sa visite de deux jours.