L’enquête sur le drame de Chevaline privilégie la piste familiale
(Keystone-ATS) Un an après le quadruple meurtre de Chevaline, en Haute-Savoie, les enquêteurs français et britanniques ont jugé vendredi que la piste d’un conflit familial était la plus sérieuse. Mais ils n’ont pas fait état d’avancée majeure dans des investigations jugées complexes.
Les représentants des services judiciaires et policiers des deux pays se sont retrouvés à Annecy pour faire le point. L’enquête n’a pour l’heure abouti à aucune interpellation.
«L’enquête ne piétine pas, mais c’est une enquête internationale menée par la France et la Grande-Bretagne, elle est longue et complexe, avec 80 commissions rogatoires dans 23 pays», a déclaré le procureur de la République d’Annecy, Eric Maillaud, lors d’une conférence de presse.
Quatre personnes de la famille al-Hilli, originaire d’Irak, ont été tuées par balles sur un chemin forestier le 5 septembre 2012 (le père Saad, son épouse, sa belle-mère, ainsi qu’un cycliste de passage). Les deux fillettes du couple, dont l’une avait été grièvement blessée, ont échappé par miracle à la mort.
Frère aîné suspecté
La piste la plus sérieuse est celle de Zaïd al-Hilli, 53 ans, frère aîné de Saad al-Halli, avec lequel il était en conflit ouvert au sujet de l’héritage de leur père. «C’est la piste la plus importante», a expliqué le colonel de gendarmerie Benoît Vinnemann, qui dirige la section de recherches de Chambéry.
«Zaïd est considéré comme suspect, mais il n’est pas présumé coupable ni suspect numéro 1», a précisé le procureur. «Il peut être impliqué dans l’affaire criminelle, on s’intéresse à lui car il y avait un conflit entre les deux frères, des menaces proférées, et Saad avait peur de lui.»
Compte en Suisse
Dans cette hypothèse, le mobile du crime serait l’héritage du patriarche décédé en Espagne en 2011. Il était composé d’une maison près de Londres, de deux appartements en banlieue de Londres, d’un appartement en Espagne, d’un compte en Suisse ainsi que de biens, d’une maison et d’un terrain à Bagdad, le tout évalué entre 3 et 5 millions d’euros.
«C’est un mobile sérieux», a jugé le procureur français. Les enquêteurs français décrivent Saad al-Hilli comme «obsessionnel» face à ce problème d’héritage.