La justice interdit en Egypte les «activités» des Frères musulmans
(Keystone-ATS) La justice égyptienne a interdit lundi les activités des Frères musulmans et confisqué leurs biens. Ces mesures dénotent la volonté des autorités d’éradiquer l’influente confrérie de la scène politique après l’éviction par l’armée du président issu de ses rangs.
Le jugement rendu par un tribunal du Caire, réuni en urgence, est le dernier épisode d’une vague de sanctions prises par l’armée depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet. Ce verdict peut néanmoins faire l’objet d’un appel.
Il y a une semaine, un tribunal a gelé les avoirs des principaux dirigeants de l’organisation vieille de 85 ans. La plupart ont été arrêtés et sont actuellement jugés pour «incitation au meurtre» ou «meurtre» de manifestants anti-Morsi.
Ce jugement est «politique», ont dénoncé les Frères musulmans. «Nous ne serons pas affectés» par cette décision, ont-ils promis. La confrérie sera «toujours une partie de la société égyptienne (et) les décisions judiciaires entachées de corruption et politiques ne peuvent rien y changer», écrit-elle sur Twitter.
La répression visant les Frères et les partisans de M. Morsi avait auparavant connu son paroxysme le 14 août: l’armée et la police avaient détruit deux campements où des milliers d’islamistes réclamaient le retour au pouvoir de Mohamed Morsi, premier président d’Egypte élu démocratiquement.
Lors de ces violences et durant la semaine qui a suivi, plus d’un millier de personnes ont péri, en grande majorité des manifestants pro-Morsi. Dans le même temps, plus de 2000 membres des Frères musulmans ont été arrêtés.
Autres organisations visées
L’interdiction d’exercer s’applique à la confrérie, qui n’a aucune existence juridique, ainsi qu’à l’Association des Frères musulmans, une ONG créée sous la présidence Morsi et accusée de servir de façade aux Frères. Elle concerne également «toute organisation qui en émane ou est financée par les Frères».
Parmi ces organisations, figure notamment le Parti de la Liberté et de la Justice, bras politique des Frères musulmans. Celui-ci pourrait être interdit après avoir confortablement remporté les législatives libres de fin 2011, quelques mois après la chute de Hosni Moubarak.