La population valaisanne majoritairement en bonne santé
La majeure partie des Valaisans et des Valaisannes s'estiment en bonne santé, selon un rapport de l'Observatoire valaisan de la santé (OVS) publié vendredi. Le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, l’obésité ou encore la santé mentale constituent toutefois des enjeux de santé publique.
(Keystone-ATS) Les adultes sont 83% à se déclarer en bon ou très bon état de santé dans le canton en 2022. Cette proportion est stable depuis 1992 et comparable à celle à l’échelle du pays (85%). Les jeunes de 11 à 15 ans sont 86% à se considérer en bon ou excellent état de santé en 2022, contre 90% vingt ans auparavant. Là encore, la tendance est similaire au niveau national.
L’espérance de vie progresse de manière régulière en Valais et en Suisse: elle atteint 85,9 ans chez les femmes et 82,4 ans chez les hommes sur la période 2023/2024. La population continue d’augmenter et de vieillir, constate encore le document.
Les résidents permanents en Valais sont ainsi en hausse de 36% entre 2000 et 2024 (contre +24% en Suisse), une croissance qui s’accompagne d’un vieillissement progressif. En 2024, 21% des Valaisans et Valaisannes avaient plus de 65 ans, contre 15% en 2000. A l’échelle nationale, les chiffres sont respectivement 20% et 15%.
Ce vieillissement fait augmenter la prévalence des maladies chroniques, dont les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers, les maladies pulmonaires et les troubles neurocognitifs majeurs, qui représentent la plus grande part de la charge de morbidité dans le canton et dans le pays, souligne le communiqué. La mortalité par maladie cardiovasculaire, par cancer ou par mort violente est, elle, en diminution.
Des comportements qui changent
En ce qui concerne le tabac, la proportion des fumeurs diminue légèrement tout en restant élevée (25% en Valais et 24% en Suisse en 2022). Chez les jeunes, la consommation de cigarettes traditionnelles est en diminution, mais celle de la cigarette électronique a augmenté entre 2018 et 2022. La consommation quotidienne d’alcool est elle aussi en baisse. Elle est passée de 26% en 1992 à 10% en 2022.
Toujours selon le rapport, moins d’un adulte sur cinq consomme la quantité recommandée de fruits et de légumes, alors que la proportion de la population physiquement active augmente. La part d’adultes obèses est en hausse et atteint 13% en 2022, contre 7% en 2002. La part des jeunes concernés augmente aussi.
Au niveau de la santé mentale, plusieurs indicateurs montrent des signes de détérioration, note le rapport, qui mentionne notamment les symptômes dépressifs chez les adultes et les symptômes psychoaffectifs chez les jeunes.
Ce qui pèse sur la santé
Autre constat: plusieurs facteurs socio-économiques, environnementaux et professionnels influencent la santé en Valais comme en Suisse. L’obésité et la consommation de tabac sont plus élevées chez les personnes avec un niveau de formation plus faible. Le renoncement aux soins est également plus fréquent chez les personnes à faible revenu.
Au travail, 44% des actifs sont exposés à au moins trois types de risques psychosociaux et 49% à au moins trois nuisances mécaniques ou physico-chimiques. En outre, la pollution aux particules fines est associée à environ 100 décès prématurés par an en Valais.
Le rapport met alors en avant la nécessité de favoriser une approche multisectorielle de la promotion de la santé. Il relève également que la prévention reste essentielle, tout comme l’adaptation du système de santé pour répondre aux besoins d’une population toujours plus âgée et polymorbide.
En parallèle, de nouveaux enjeux, tels que l’usage problématique d’internet et des réseaux sociaux et le harcèlement chez les jeunes soulèvent des défis.