La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935

La toxicité des particules fines des avions croît avec le temps

Keystone-SDA

Les particules fines émises par les moteurs d'avions deviennent de plus en plus nocives pour la santé avec le temps. C'est à cette conclusion qu'est arrivée une équipe de chercheurs de l'Université de Bâle, dans une étude publiée jeudi.

(Keystone-ATS) Les scientifiques, dirigés par le professeur Markus Kalberer, ont analysé la façon dont les poussières d’échappement dégagées par un petit réacteur d’avion et un moteur diesel d’un navire se transforment avec le temps. Les chercheurs ont étudié l’évolution des particules sur une période allant de un à 12 jours.

Les données montrent une différence entre l’avion et le bateau. Alors que la nocivité des poussières du navire reste stable, celle des poussières produites par l’avion augmente au fil des jours. Le potentiel oxydant des émissions d’aéronefs grandit significativement avec l’âge des particules, note l’Université de Bâle.

Pour les scientifiques, cette nocivité croissante est due aux modifications de la composition chimique des particules lorsqu’elles sont exposées au rayonnement solaire pendant des périodes prolongées. Ces particules réagissent ensuite avec les composants de l’air, explique encore l’Université de Bâle dans un communiqué.

Les travaux montrent que «les processus atmosphériques peuvent modifier considérablement les propriétés oxydantes de ces particules, et donc aussi leur potentiel nocif pour la santé humaine», relève Battist Utinger, l’un des auteurs de l’étude, cité dans le communiqué.

7 millions de décès prématurés

Les émissions de poussières fines sont un problème de santé publique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), chaque année, plus de 7 millions de personnes meurent prématurément en respirant un air contenant des concentrations importantes de particules polluantes.

Les particules fines sont minuscules. Leur diamètre est de l’ordre du nanomètre, soit un milliardième de mètre. Elles sont générées lors de la combustion de produits carburants et se retrouvent souvent en suspension dans l’air plusieurs jours. Leur très petite taille leur permet de s’enfiler profondément dans les poumons, causant maladies respiratoires et cardio-vasculaires.

L’étude de l’Université de Bâle, qui permet de mieux comprendre l’évolution des particules fines au fil du temps, aborde un domaine encore peu exploré par la science.

Pour les chercheurs, l’étude, qui a été publiée dans la revue «Environmental Science: Atmospheres», montre clairement que le cadre législatif en Suisse ne tient pas suffisamment compte des propriétés des particules fines et de leurs sources d’émissions.

Les plus appréciés

Les plus discutés

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision