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Ventilateurs, brumisateurs ou sélection génétique: comment les vaches suisses survivent à la canicule

Dans cette étable située à Oulens-sous-Echallens, dans le canton de Vaud, des systèmes de brumisation sont utilisés pour rafraîchir les vaches.
À Oulens-sous-Échallens (VD), le 26 juin 2026, des vaches se rafraîchissent sous des brumisateurs installés dans une étable afin de mieux supporter les fortes chaleurs. Keystone/Laura Juliano

Les vaches aussi peinent à supporter les températures exceptionnelles de cet été. À Zurich, une équipe de recherche travaille sur différentes solutions: ventilateurs, pâturages arborisés ou encore sélection génétique. Objectif: préserver le bien-être des animaux.

La Suisse a traversé de multiples vagues de chaleur cet été. Ces températures mettent également les vaches à rude épreuve. Leur température de confort se situe entre 5 et 15 degrés.

Lorsque le thermomètre grimpe au-delà, les animaux subissent un stress thermique: ils mangent moins, respirent plus rapidement et leur production de lait diminue.

Ventilateurs et douches pour rafraîchir les vaches

Pour soulager les animaux, les exploitations agricoles modernes misent sur des systèmes de refroidissement tels que des ventilateurs et des dispositifs de brumisation. Au Strickhof, le centre de compétences agricoles du canton de Zurich, des recherches sont menées pour optimiser ces installations.

«Nous faisons de la recherche appliquée. Cela signifie que nous travaillons directement avec les animaux dans les étables, dans des conditions réelles, et que nous évaluons également les équipements des bâtiments», explique Susanne Meese, responsable du secteur élevage et production laitière au Strickhof.

Garder la tête froide : comment les vaches suisses survivent aux vagues de chaleur
Un ventilateur rafraîchit les vaches et les génisses dans l’étable d’un alpage à Rossinière (VD), dans le Pays-d’Enhaut. Keystone/Jean-Christophe Bott

Des capteurs numériques permettent de suivre en permanence l’efficacité des systèmes de refroidissement. Si les données montrent que les vaches restent actives malgré la chaleur et qu’elles ruminent lorsqu’elles sont couchées, cela signifie que les mesures portent leurs fruits.

L’exploitation sert ainsi de ferme pilote. Grâce à ces essais, Susanne Meese et son équipe espèrent obtenir des résultats que les agriculteurs pourront appliquer dans leurs propres exploitations.

Quand l’ombre se fait rare

Au-delà des équipements installés dans les étables, l’aménagement des pâturages fait lui aussi l’objet de recherches. Les arbres pourraient offrir aux vaches une ombre naturelle. Certaines essences présentent en outre un avantage supplémentaire grâce aux tanins qu’elles contiennent. «Les noyers, par exemple, repoussent aussi les mouches. Ce serait donc une situation gagnant-gagnant», souligne Susanne Meese.

La hiérarchie sociale chez les vaches fait que les animaux de rang inférieur sont souvent lésés aux abreuvoirs.
La hiérarchie sociale entre les vaches fait que les animaux de rang inférieur sont souvent privés d’eau aux abreuvoirs. Cette situation est d’autant plus problématique en cas de sécheresse prolongée. Keystone/Gian Ehrenzeller

Lors des journées de très forte chaleur, l’accès à l’eau est également essentiel au bien-être des animaux. Si les vaches restent davantage dans l’étable, plus fraîche, leurs besoins en points d’abreuvement augmentent. Selon Susanne Meese, il est donc important que les exploitations installent davantage d’abreuvoirs afin que les animaux dominés puissent eux aussi boire facilement à tout moment.

Un gène favorise une meilleure transpiration

À Lindau (ZH), l’équipe de recherche du Strickhof explore également une piste génétique. En 2024, un veau de race Holstein est né avec une mutation génétique naturelle provenant d’une race bovine des Caraïbes. Les animaux porteurs de ce «gène SlickLien externe» possèdent un pelage plus court et plus lisse, davantage de plis cutanés et des glandes sudoripares plus développées. Ils peuvent ainsi mieux réguler leur température corporelle.

Même si ce veau, baptisé «Cool Girl»Lien externe, est considéré comme un pionnier de l’élevage suisse, Susanne Meese invite à la prudence. «Nous ne saurons que dans quelques années si Cool Girl supporte effectivement mieux les conditions climatiques suisses. Pour l’instant, elle se trouve encore dans son exploitation d’élevage.»

La « Cool Girl » est née il y a deux ans au Strickhof. Cette génisse est porteuse du gène Slick, issu d'une race des Caraïbes, qui lui confère une meilleure résistance à la chaleur.
Le veau baptisé «Cool Girl» est né au Strickhof il y a deux ans. Cette bête est porteuse du gène Slick, issu d’une race caribéenne, qui lui confère une meilleure résistance à la chaleur. Strickhof

Des pays comme l’Australie ont déjà intégré ce gène dans leurs programmes de sélection. En Suisse, il reste toutefois à déterminer si ces bovins sont également adaptés aux mois les plus froids. «Nous devons considérer la question dans son ensemble», estime Susanne Meese.

Pour l’heure, un recours plus large à ces animaux reste donc une perspective d’avenir. «En Suisse, les mesures structurelles, comme la ventilation des étables et les douches pour vaches, restent aujourd’hui la solution la plus sûre.»

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