Le nouveau site archéologique Saint-Antoine ouvre le 5 septembre
A Genève, le nouveau site archéologique Saint-Antoine (SaSA) sera ouvert au public dès le samedi 5 septembre après trois ans de travaux. Situé sous l'esplanade Théodelinde, cet espace de plus de 1000 m2 met en valeur des vestiges exceptionnels couvrant deux millénaires d'histoire, pour une plongée dans le passé de la cité de Calvin.
(Keystone-ATS) Les archéologues ont mis au jour un établissement gallo-romain du 1er siècle, une nécropole de plus de 300 tombes utilisée entre le 3e et le 13e siècle ainsi qu’une partie de l’église funéraire de Saint-Laurent, qui date du 5e siècle. Des vestiges de fortifications du 16e siècle et une casemate datant de 1560 ont aussi été découverts.
Cette stratification historique sur un seul lieu, «qualifiée d’unique à l’échelle régionale», a été identifiée en 2010 lors de travaux de réaménagement de l’esplanade. Le site a ensuite fait l’objet de fouilles minutieuses entre 2012 et 2015 par le Service d’archéologie du canton.
Des puits de lumière
Au vu de l’importance de ce patrimoine, les autorités ont décidé de les protéger et de les rendre accessibles au public. Un projet devisé à 14,5 millions de francs a été retenu. Le canton participe à hauteur de 4,6 millions, la Ville de Genève à hauteur de 4,9 millions alors qu’une fondation privée met 4 millions et la Loterie romande 1 million.
Le vaste chantier qui a débuté en septembre 2023 a permis de couvrir l’espace d’une dalle de grande portée. Trois puits de lumière perforent ce toit continu, apportant un éclairage naturel sur les périodes historiques mises en valeur. Le parcours de la visite invite le public à traverser ces trois séquences historiques qui racontent l’évolution urbaine de Genève.
Des expositions artistiques
Le SaSA ne sera pas un simple conservatoire figé dans le passé, assurent les autorités. Géré par l’Unité pour la conservation du patrimoine architectural de la Ville de Genève, il se positionne comme un lieu d’échanges entre la recherche scientifique et la création actuelle.
Une première exposition temporaire, réalisée en collaboration avec le Musée d’art moderne et contemporain (Mamco), présentera des oeuvres jusqu’au 15 novembre. Ces installations artistiques exploreront les liens entre archéologie, géologie et imaginaire, en invitant le public à regarder sous la surface des villes.
Entre 8000 et 12’000 visiteurs sont attendus chaque année. L’ouverture officielle du samedi 5 septembre sera marquée par une journée festive de 10h00 à 22h00, transformant l’esplanade en un parcours d’exploration avec ateliers, rencontres et performances.