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Le personnel de Tamedia proteste à Zurich contre les licenciements

Keystone-SDA

De nombreux employés du groupe Tamedia se sont rassemblés mardi à Zurich pour protester contre les nouveaux licenciements prévus par leur employeur. Ils ont réclamé l'arrêt immédiat de cette mesure et une priorité donnée aux journalistes face à l'IA.

(Keystone-ATS) Il y a deux semaines, le groupe de presse a annoncé la suppression de 34 postes à plein temps dans les rédactions alémaniques et romandes. Le groupe prévoit de licencier 41 employés, soit 28 Outre-Sarine et 13 en Suisse romande.

Devant le siège de Tamedia, environ 400 personnes se sont réunies à la mi-journée, selon le chiffre avancé par les rédactions du groupe. Parmi eux figuraient aussi des journalistes d’autres médias et des lecteurs.

Tamedia muet face aux revendications

Par cette action, les employés ont réagi au fait que la direction de l’entreprise n’a répondu favorablement à aucune des revendications formulées dans la lettre signée par plus de 280 collaborateurs et adressée, écrit Syndicom. «L’ampleur de la solidarité montre que cette mobilisation est comprise et soutenue bien au-delà de Tamedia», déclare Stephanie Vonarburg, vice-présidente du syndicat.

Les membres des rédactions ont exigé un arrêt immédiat des licenciements. Ils réclament aussi une procédure de consultation du personnel alémanique, cette mesure ayant déjà été prise, côté romand. Autres revendications: la prise en compte des départs naturels et un investissement dans le journalisme réalisé par l’humain.

Appuyés par le maire de Zurich

Le maire de Zurich, Raphael Golta (PS), est venu soutenir le personnel. Dans un discours, ce dernier a déclaré qu’il lisait le Tages-Anzeiger chaque matin pour s’informer sur l’état du monde. Ancien journaliste, le politicien a souligné qu’il voulait continuer à lire des textes écrits par des journalistes et non pas par l’intelligence artificielle (IA).

Les rédactions de Tamedia reprochent à la direction du groupe de faire payer au personnel les conséquences de ses mauvaises décisions et de ses stratégies inefficaces. «Où peut-on donc encore licencier?!», s’est exclamée une intervenante, au vu des ressources humaines toujours plus limitées. Sur certaines banderoles, on pouvait lire «Du journalisme à la place de l’IA».

Inquiétudes et soutiens romands

Les employés romands de Tamedia se solidarisent avec leurs collègues alémaniques et soutiennent le mouvement de mobilisation contre cette nouvelle vague de licenciements. Dans un communiqué, le personnel des rédactions de 24 Heures, la Tribune de Genève, Le Matin Dimanche, Femina et de Bilan, notamment, dénoncent une «politique d’entreprise (…) irresponsable» du groupe de presse.

«Depuis des années, ces annonces successives tuent à petit feu la vie rédactionnelle et menacent, à terme, l’existence de notre métier et des titres. A terme, la Suisse romande pourrait se retrouver privée de ses journaux historiques», écrit la société des collaborateurs romands.

«Les dirigeants de Tamedia devraient au contraire reconnaître la valeur de ses titres et leur potentiel», ajoute-t-elle. «Cette valeur n’est pas qu’économique. Elle est aussi historique, morale, politique, culturelle, démocratique. Tous ces titres sont indissociables de la Suisse romande.»

Le journalisme ne se résume pas au traitement d’informations et de nouvelles, souligne Syndicom. L’enquête critique, la mise en perspective, la responsabilité éditoriale et l’équilibre de l’information ne peuvent être délégués à des systèmes technologiques, selon le syndicat. Une démocratie forte a besoin de médias conçus et réalisés par des êtres humains.

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