Les députés vaudois veulent une interdiction des puffs
A son tour, le Grand Conseil vaudois souhaite interdire les cigarettes électroniques jetables (puffs). Ses députés ont accepté mardi une motion afin de bannir un "fléau" qui met particulièrement en danger les adolescents.
(Keystone-ATS) Apparus en 2020 en Suisse, les puffs sont régulièrement consommés par environ 12% des jeunes en Suisse romande, «envahissant les cours d’école», a relevé la motionnaire, la Vert’libérale Graziella Schaller.
Elle a dénoncé «la dangerosité» de ce produit addictif, qui contient une quantité élevée de nicotine et qui est spécialement conçu pour plaire aux adolescents avec ses couleurs vives et ses arômes sucrés. Les puffs «ouvrent la porte» vers les autres produits du tabac et constituent «une véritable bombe à retardement» pour la santé, a-t-elle affirmé.
La députée a aussi critiqué l’impact environnemental de ces cigarettes électroniques jetables, dont la plupart finissent dans la nature. Ces dernières sont également dangereuses pour les usines d’incinérations car leur batterie au lithium peut provoquer des incendies dans les déchetteries.
Dans son sillage, plusieurs membres des partis de gauche ou des Vert’libéraux ont décrié ces puffs, tantôt qualifiés de «poison», «fléau des préaux» ou de «saloperies».
«Compétence fédérale»
La vente de puffs est déjà interdite, ou en phase de l’être, dans plusieurs cantons, essentiellement en Suisse romande. Le processus a aussi été lancé sur le plan fédéral, où une motion a été acceptée en juin dernier par le Parlement.
C’est notamment pour cette raison que des députés de droite ont appelé à refuser la motion Schaller. Sans remettre en cause la dangerosité des puffs, ils ont souligné que le canton de Vaud n’avait pas la compétence pour prononcer une telle interdiction, que cette question devait être traitée au niveau fédéral. Ils ont mis en garde contre des recours en justice si Vaud devait ordonner une interdiction.
«Signal fort»
Certains opposants au texte ont aussi rappelé que la vente de puffs aux mineurs était déjà interdite, et que c’est en contrôlant davantage ces ventes que l’on pourrait protéger les jeunes.
Les partisans de la motion ont rétorqué qu’il fallait agir sans tarder, sachant que le processus allait prendre du temps au niveau fédéral. Ils ont appelé à «donner un signal fort» pour montrer, notamment aux jeunes et à leurs parents, que ces puffs constituent «un problème de santé publique.»
Au moment du vote, les partis de gauche (PS, Vert-e-s, Ensemble à Gauche), les Vert’libéraux et quelques élus isolés du PLR et de l’UDC ont soutenu la motion. Elle a été acceptée par 78 voix, contre 57 refus et 5 abstentions.