Les «Vrais Finlandais» refusent d’entrer au gouvernement
(Keystone-ATS) Le parti nationaliste et eurosceptique des «Vrais Finlandais» a annoncé jeudi son refus d’entrer au gouvernement. Il a invoqué un désaccord trop profond avec les deux autres grandes formations du pays sur le plan d’aide de l’Union européenne au Portugal.
«Nous ne participons pas à la formation d’un gouvernement qui emmène l’Union européenne vers une fédération d’Etats et qui soutient des mécanismes qui ne fonctionnent pas», a déclaré le chef du parti, Timo Soini, lors d’une conférence de presse. Helsinki s’est dite «prête» mercredi à soutenir le plan d’aide européen au Portugal.
«Nos points de vue sont si différents qu’ils ne sont pas compatibles», a-t-il ajouté. «Il est dommage que le seul vainqueur des élections (législatives du 17 avril) n’entre pas au gouvernement. Nous serons un parti d’opposition strict et dur», a-t-il affirmé.
Percée électorale
Les Vrais Finlandais sont désormais la troisième force du pays avec 39 des 200 sièges du parlement – contre six dans la précédente assemblée. Ils talonnent les conservateurs de la Coalition nationale (44 sièges), dont le dirigeant Jyrki Katainen a été chargé de former le gouvernement, et le Parti social-démocrate (42 sièges).
Les Vrais Finlandais «ne pouvaient se voir attribuer des privilèges permanents au sein du gouvernement», a réagi M. Katainen. Le premier ministre désigné a indiqué qu’il se tournerait vers quatre autres partis pour tenter de former une majorité.
Le Parti social-démocrate, les Verts, les Chrétiens démocrates et le Parti du peuple suédois, représentant la minorité des Finlandais suédophones, ont jusqu’à lundi pour accepter ou non d’entrer au gouvernement et les discussions sur la distribution des portefeuilles commenceront mercredi, selon le Conseil d’Etat.
Les Vrais Finlandais avaient affirmé durant toute la campagne qu’ils refuseraient de participer à un gouvernement soutenant les plans européens d’aide financière, notamment au Portugal.