Neuchâtel: les Vert-e-s veulent que le canton priorise l’écologie
A la suite de cet été caniculaire, les Vert-e-s neuchâtelois veulent remettre l'écologie au coeur des débats et faire pression pour que la 2e version du plan climat soit ambitieuse. Neuf objets parlementaires ont été déposés, dont une demande de cartographie des refuges climatiques du canton.
(Keystone-ATS) Si la plupart des objets parlementaires déposés par les Vert-e-s sont des mesures d’adaptation, ces dernières «n’occultent en rien l’obligation d’engager des mesures radicales dans le plan climat 2. Il est nécessaire d’agir prioritairement sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre», a déclaré jeudi Cloé Dutoit, présidente des Vert-e-s neuchâtelois.
Cloé Dutoit a rappelé que les propositions écologistes sont souvent considérées comme trop avant-gardistes et qu’elles s’imposent par la suite lorsque l’urgence le commande. A l’instar d’un postulat déposé en 2023 et refusé par le Grand Conseil sur les Îlots de fraîcheur et de biodiversité dans les cours d’école.
Pression sur Laurent Favre
«Contrairement au niveau fédéral, on ne peut pas demander une session extraordinaire sur une thématique. Avec tous nos objets B, couplés à ceux de nos alliés socialistes, on aura une salve complémentaire et quasi une session dédiée» aux conséquences du dérèglement climatique, a ajouté Cloé Dutoit.
Pour le député Emile Blant, il s’agit de mettre la pression sur le plan climat 2, qui «est notre priorité absolue». «On espère que le travail en commission puisse commencer début 2027 et avoir une plus grande marge de manoeuvre que lors de la première version», a expliqué Cloé Dutoit.
Contrairement aux Vert-e-s suisses, qui demandent au Conseil fédéral de retirer le département de l’environnement à Albert Rösti, la section neuchâteloise ne demande pas la même chose au Conseil d’Etat par rapport au PLR Laurent Favre, chef du Département du développement territorial et de l’environnement.
«On attend toutefois que le chef de département prenne avec le plus grand sérieux et la plus grande ambition» la thématique climatique, a ajouté Emile Blant. «Actuellement ce n’est pas le cas».
Parmi les objets déposés figure notamment une interpellation demandant au Conseil d’Etat de lister les diverses conséquences des vagues de chaleur et de la sécheresse de l’été 2026. En font partie aussi une motion qui veut interdire la publicité climaticide (notamment pour les véhicules à moteur thermique), et une motion demandant de cesser d’assécher les sols en réfléchissant à d’autres pistes en lien avec la rénovation des systèmes de drainage.
«Dette climatique plus grave»
Une initiative cantonale a aussi été déposée – en concertation avec des homologues des Vert-es de Vaud et de Genève – pour que la Confédération fasse sa part dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
«Le Conseil fédéral invoque toujours les mesures d’économies et la volonté de ne pas laisser de dettes aux générations futures. Mais on va laisser une dette dans le capital environnemental, beaucoup plus fondamentale – que celle comptable – et qui mettra des millions d’années à se résorber», a déclaré Emile Blant.
Les socialistes, alliés du groupe VertPOP, ont déposé de leur côté quatre objets en lien avec cet été caniculaire et la sécheresse. Deux motions demandent une stratégie en matière de gestion de l’eau et de lieux de formation. Un postulat porte sur la végétalisation des espaces publics et une interpellation sur les incendies de forêt.