Nicolas Fluri: après les lignes, il juge au centre
(Keystone-ATS) Après une riche carrière de 14 ans comme juge de ligne, Nicolas Fluri entame sa deuxième carrière sportive. A 34 ans, il s’est tourné vers le rôle d’arbitre principal.
Le Prévôtois a déjà dirigé des matches de Swiss League pour sa première saison comme «head». Pour Keystone-ATS, il évoque les différences entre les deux positions.
Comme arbitre assistant, Nicola Fluri a connu pratiquement tous les honneurs. A part la NHL, il a arbitré aux Jeux olympiques à Pyeongchang, au cours de quatre Championnats du monde, deux Mondiaux M20 dont une finale à Montréal au Centre Bell, huit Coupes Spengler et de la Ligue des champions. Après plus de 800 matches en Ligue nationale, il a décidé de franchir le pas et de se lancer dans un rôle différent.
Avant d’évoquer sa nouvelle fonction, comment explique-t-il son succès en tant que juge de ligne ? «Déjà, j’ai consacré ma vie à l’arbitrage. J’ai commencé à 15 ans et j’ai arbitré en Ligue nationale dès l’âge de 19 ans.» Parallèlement, il va grimper tous les échelons au niveau international. Il dirigera d’abord les plus petites divisions pour finalement arriver au sommet de la pyramide. Mais comment caractérise-t-il un bon juge de ligne ? «L’élément principal, c’est la communication verbale et non verbale avec toutes les parties du hockey. C’est-à-dire les collègues, les joueurs, les coaches et le public. C’est une chose qui ne s’apprend pas dans les livres, ce sont des années d’expérience.»
L’ancien joueur de Moutier, Franches-Montagne, Ajoie et St-Imier insiste sur le fait que le placement sur la glace est fondamental. «Pour bien voir les choses, il faut être systématiquement bien positionné. Pour être bien positionné, il faut premièrement bien connaître la lecture du jeu et deuxièmement posséder un excellent patinage pour être à la meilleure position, ce qui induit également une bonne condition physique.»
La quête de la bonne position
Habitué aux enceintes les plus flamboyantes, Nicolas Fluri se retrouve aujourd’hui dans des décors, disons, plus vétustes et moins visités. Il dirige aujourd’hui en tant que head des matches de juniors élites, de MySport League et même de Swiss League. «C’est sûr que j’apprends un nouveau boulot. Je me retrouve dans des patinoires où il n’y a personne. Mais j’ai un plaisir immense à rencontrer des nouveaux collègues. Pendant 12 ans, j’étais dans une bulle avec plus ou moins les mêmes collègues puisqu’il y avait quand même des changements. Ici j’apprends à connaître des jeunes arbitres, c’est une très belle aventure humaine.»
Nicolas Fluri embraye rapidement sur le côté technique de son nouveau job: «La différence principale avec le rôle de juge de ligne, ce sont les positions sur la glace. Vous voyez le même jeu mais plus du même endroit. En hockey, que vous soyez placé un mètre à droite ou un mètre à gauche, vous allez voir ou pas voir la chose. C’est la quête à la bonne position pour ne pas juger faux.»
Entre les matches à trois arbitres comme la MSL ou ceux à quatre comme les juniors élite ou la Swiss League, le chef des affaires juridiques pour la santé publique du canton du Valais jongle entre deux systèmes et un boulot à 80%. Nicolas Fluri va essayer de grimper les échelons pour bientôt briguer la direction de matches de National League et pourquoi pas décrocher un poste d’arbitre professionnel. «Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est de faire juste. Je ne suis pas détaché des émotions qu’on trouve dans un stade mais ce ne sont plus que des facteurs de motivation, ça ne me créé plus d’angoisses.»
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