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Asile: l’initiative de l’UDC a le vent en poupe

swissinfo.ch

Selon un sondage, l'initiative de l'Union démocratique du centre contre les abus dans l'asile serait acceptée si le vote avait lieu aujourd'hui.

Mais les dés ne sont pas jetés. La campagne politique est généralement fatale aux initiatives populaires.

Le sondage réalisé par l’Institut GfS montre que l’initiative de l’UDC (droite dure) serait acceptée par 57% des personnes interrogées et refusée par 24%. Mais 19% n’ont encore aucune opinion sur la question.

A un mois du vote (24 novembre), l’intérêt des citoyens pour ce sujet semble légèrement plus élevé que pour d’autres votations, puisque 42% des sondés disent vouloir participer au scrutin.

Portrait-robot du partisan

Le sondage permet de présenter une sorte de portrait-robot du partisan de l’initiative. Première constatation, celui-ci est proche des partis de droite.

Le sondage montre que l’initiative recueille 72% d’avis favorables parmi les proches de l’UDC, 69% parmi les proches des radicaux et 55% parmi les proches des démocrates-chrétiens.

A l’inverse, les sympathisants du Parti socialiste ne sont que 25% à soutenir l’initiative.

Deuxième constatation: le texte de l’UDC séduit surtout les personnes âgées. Le taux d’avis favorables est de 68% chez les plus de 65 ans, de 54% chez les 40-64 ans et de 47% chez les 18-39 ans.

Enfin, le texte est d’autant mieux accepté que le niveau de formation est bas. 70% des personnes qui n’ont accompli que la scolarité obligatoire l’approuvent contre seulement 25% des universitaires.

Une différenciation selon les régions linguistiques et le sexe ne montre en revanche aucune différence significative.

L’asile coûte trop cher

La politique d’asile telle qu’elle est pratiquée en Suisse suscite plusieurs critiques parmi les citoyens. La plus souvent citée est celle du coût. 76% des personnes sondées estiment que la politique d’asile est trop onéreuse.

Par ailleurs, 74% des sondés estiment que les autorités ne maîtrisent pas l’afflux des réfugiés et 66% que les renvois ne sont pas exécutés d’une manière satisfaisante.

Quant aux adversaires de l’initiative, ils estiment généralement que ce texte marquerait la fin de la tradition humanitaire de la Suisse. Cet avis est partagé par 44% des sondés.

Mais il y a aussi d’autres critiques. Ainsi, 30% des personnes interrogées pensent que les propositions contenues dans l’initiative sont inapplicables et 39% que les demandes de l’UDC sont déjà en partie satisfaites grâce à la révision de la loi fédérale sur l’asile.

Une campagne qui a son importance

En guise de conclusion, l’Institut GfS remarque que l’initiative contre les abus dans le droit d’asile a potentiellement la capacité de passer le cap de la votation du 24 novembre.

Toutefois, l’institut relativise. Il rappelle que les initiatives populaires sont généralement refusées. Seules 10% d’entre elles sont acceptées par le peuple.

Il n’est pas rare que les sondés se prononcent en faveur d’une initiative avant le début de la campagne politique. Ils expriment ainsi davantage leurs préoccupations face à un problème que leur adhésion au projet tel qu’il leur est présenté.

Or, avec la campagne politique, il s’agit de discuter des propositions qui sont réellement contenues dans l’initiative.

De plus, les partisans d’une initiative se mobilisent généralement plus tôt que les opposants. Mais la part de ces derniers tend à augmenter au cours de la campagne politique, alors que celle des partisans stagne.

Compte tenu de ces deux effets, le résultat du vote du 24 novembre pourrait être bien différent de ce premier sondage. Le changement d’opinion peut être de l’ordre de 10 à 30%, estime l’Institut GfS.

Une initiative inapplicable

Les opposants à l’initiative sont d’ailleurs convaincus que la campagne politique va modifier le jugement des Suisses. En effet, l’initiative est totalement inapplicable, estime Jürg Schertenleib.

«98% des réfugiés arrivent en Suisse en passant en rase campagne, explique ce porte-parole de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR). Il n’est donc pas possible de prouver qu’ils ont transité par un Etat tiers, et donc de les y renvoyer.»

Jürg Schertenleib dénonce par ailleurs les solutions simplistes de l’UDC qui «n’a aucune proposition concrète, notamment dans le domaine de la criminalité.»

Enfin, une possible acceptation de l’initiative laisse le porte-parole de l’OSAR songeur: «Au tel cas, la Suisse serait bien le seul pays à inscrire dans sa Constitution une interdiction d’entrée pour les réfugiés.»

swissinfo/Olivier Pauchard

Le sondage a été mené du 1er au 10 octobre. 1282 citoyens représentatifs ont été interrogés par téléphone dans l’ensemble du pays. La marge d’erreur est d’environ 2,8%.

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