L’optimisme des Suisses renaît à Monterrey
Trois jours de débats sur l'aide au développement n'ont pas entamé l'optimisme de la délégation suisse. Malgré les critiques sur le sommet.
Réuni sous l’égide de l’ONU, le sommet de Monterrey au Mexique doit décider d’un nouvel élan en faveur du développement. Pour ce faire, un document de base doit être ratifié vendredi par plus de 160 pays membres des Nations Unies.
Mais de nombreuses critiques ont été formulées contre le «Consensus de Monterrey». Selon les détracteurs de ce sommet, le contenu de ce document ne serait qu’une suite de vœux pieux. Que les jeux étaient déjà faits. Puisque aucune retouche ou modification n’est permise.
L’ambassadeur Remo Gautschi considère que cette situation aura eu au moins un avantage: celui de faire gagner du temps et de l’énergie aux participants. Ils ont pu se consacrer entièrement à débattre des thèmes les plus importants.
Satisfaction des pays en voie de développement
Le chef de la représentation helvétique est résolument optimiste. Il estime même que le bilan est plus positif qu’il ne l’envisageait avant sa venue au Mexique.
Remo Gautschi constate une certaine satisfaction aussi bien de la part du Nord que du Sud. «Les attentes des pays en voie de développement sont encouragées par les annonces d’augmentation de l’aide publique», précise le diplomate suisse.
Quant aux pays donateurs comme la Suisse, «ils sont également encouragés, parce qu’ils voient clairement une volonté des pays en voie de développement de de renforcer les réformes internes».
George W. Bush avait annoncé il y a une semaine l’augmentation de l’aide publique au développement des Etats-Unis à 15 milliards de dollars annuels d’ici à 2007, soit 25,75 milliards de francs. Pour le président américain, l’aide au développement se fonde sur la libre-entreprise, les échanges commerciaux et les investissements.
Pour leur part, les Européens soutiennent que l’aide en elle-même est vitale. Le conseiller fédéral Joseph Deiss doit s’exprimer jeudi soir en plénière.
Création d’une task force
Autre point positif mis en évidence par le directeur suppléant de la Coopération suisse: les discussions qui ont porté sur l’importance du commerce ainsi que des flux financiers.
Elles ont permis une prise de conscience permettant de voir que «l’aide publique n’est pas le seul élément qui influence le sort des pays en voie de développement».
Si le «Consensus de Monterrey» ne devait pas apporter de résultats concrets dans l’immédiat, Remo Gautschi estime pour sa part qu’il pourra faire avancer les choses.
«Le dialogue va continuer. Une task force sera constituée. Elle ne sera pas dotée d’une structure trop lourde et devra respecter un cahier des charges En fin de compte, tout cela crée des espoirs!»
swissinfo/Patrick John Buffe, Monterrey
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