Nouvelles pistes dans l’attentat de Corsier
La semaine passée, une bombe explosait dans la piscine de Jack Sigolet, un ancien banquier, à Corsier. L'enquête s'intéresse à des voyous corses.
«Je reste en Suisse, bien évidemment, lance Jack Sigolet, joint à son domicile parisien. Je n’ai aucune raison de ne pas continuer mes activités à Genève.»
Mercredi dernier, la piscine de cet ancien banquier, âgé de 66 ans, était détruite par un explosif. L’aile nord de sa villa, à Corsier (GE) a également été touchée par la déflagration.
C’est la troisième fois que des inconnus adressent des menaces très précises à cet ancien dirigeant de la compagnie pétrolière Elf. En 1998, sa voiture prenait feu devant son domicile en France. Et, l’année suivante, c’était au tour du véhicule de son épouse d’être détruit par un attentat.
Quel rapport avec l’Angola?
Qui pourrait en vouloir à l’ancien président de la FIBA, une banque appartenant à la fois à Elf et à la famille d’Omar Bongo, président du Gabon?
«J’ai donné ma parole au procureur général de la Confédération de ne pas m’exprimer sans son autorisation», assure Jack Sigolet. Qui travaille pour le compte de Crossoil, une société genevoise active dans le négoce et le raffinage du pétrole angolais.
«Cet attentat n’a aucun lien avec l’Angola, souligne un proche de Jack Sigolet. Ce n’est pas dans les habitudes des pays africains de se livrer à de telles manœuvres en Suisse». De plus, une règle non écrite veut que les pays étrangers ne règlent pas leurs comptes sur le territoire suisse.
Une dette de 5 millions de dollars
La piste d’un trafic d’armes a rapidement été évoquée après l’explosion de la piscine. En effet, le nom de Jack Sigolet figure dans une note de synthèse évoquant des ventes d’armes pour le Congo.
«L’équipe de Jack Sigolet s’engage à déployer ses ‘best efforts’, lit-on dans le document, afin que les fournisseurs récupèrent tout ou partie des sommes non versées.»
«Cette dette, portant sur 5 millions de dollars, a été honorée», assure toujours ce proche de Jack Sigolet. Pour lui, les auteurs seraient à rechercher parmi la pègre corse. «Il s’agit incontestablement de personnes qui se sentent impunies».
«Je n’ai reçu aucune menace»
Il est vrai que beaucoup de protagonistes de l’affaire Elf sont originaires de l’île de Beauté. A commencer par André Tarallo, ancien «Monsieur Afrique» de la compagnie pétrolière, et ami de Jack Sigolet.
Quelques jours avant l’attentat, de multiples rumeurs circulaient à Genève, qui accueille de nombreux anciens collaborateurs d’Elf. «Personne ne m’a averti, assure Jack Sigolet, qui a regagné lundi soir son domicile suisse. Depuis plusieurs mois, je n’ai reçu aucune menace.»
swissinfo/Ian Hamel
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