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Un mythe vieux de 175 ans

Jeudi, la Croix-Rouge suisse commémore le 175e anniversaire de la naissance de Henry Dunant.

Personnage visionnaire, mais aussi controversé, ce Genevois a inspiré l’organisation humanitaire sans toutefois la développer.

La figure de Henry Dunant (1828-1910) reste à jamais associée à la création de la Croix-Rouge.

En effet, son livre décrivant la bataille de Solferino – à laquelle il a personnellement assisté – a joué un rôle fondamental dans la naissance de l’organisation.

Publié en 1862, «Un souvenir de Solferino» a eu un énorme impact. Henry Dunant y proposait la création, dans tous les pays, d’associations de secours pour les blessés de guerre, des associations basées sur le principe d’engagements internationaux mutuels.

Un autre père fondateur moins connu

Cette idée a été immédiatement soutenue par Gustave Moynier, président de la Société d’utilité publique de Genève. On doit à ce juriste la création, en 1863, du Comité international de secours aux soldats blessés, qui deviendra le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en 1875.

Gustave Moynier a joué un rôle déterminant dans la fondation de la Croix-Rouge. Tout comme d’ailleurs le général Guillaume-Henry Dufour (le vainqueur du Sonderbund) et le conseiller fédéral Jakob Dubs.

«C’est Moynier qui a conçu la Croix-Rouge, qui l’a créée et dirigée pendant 47 ans», relève le juriste Jean de Senarclens, auteur de l’article sur Henry Dunant dans le Dictionnaire historique de la Suisse et à l’origine également d’une large étude sur Moynier.

«Mais Moynier répétait souvent que personne ne devait s’attribuer la gloire exclusive d’avoir fondé l’organisation», ajoute Jean de Senarclens.

Une longue traversée du désert

Quant à Henry Dunant, il a surtout été ambassadeur de l’organisation après 1863. «Il a assumé avec efficacité une fonction que l’on qualifierait aujourd’hui de chef des relations publiques», résume Jean de Senarclens.

La capacité de Dunant à créer un réseau de contacts qui englobait aussi bien la cours des Hohenzollern que celle de Napoléon III a été déterminante pour le succès de la Croix-Rouge.

C’est notamment à lui que l’on doit la conférence diplomatique de Genève (1864) qui a débouché sur la première version des Conventions de Genève.

Mais ce travail à l’intérieur de l’organisation a brusquement pris fin en 1867, suite à la faillite du Crédit genevois. Henry Dunant siégeait comme membre du conseil d’administration de cette banque qui finançait notamment ses activités économiques en Algérie. Pour Dunant, cette affaire s’est soldée par une condamnation pour faillite frauduleuse.

Il s’en est suivi une longue traversée du désert marquée par des années de misère matérielle. C’est seulement vers la fin du 19e siècle que la figure de Dunant à été redécouverte. La réhabilitation définitive est survenue en 1901 avec l’attribution du Prix Nobel de la paix.

La naissance d’un mythe

Dès l’attribution de ce prix, et surtout après sa mort en 1910, Dunant, désormais considéré comme «le père de la Croix-Rouge», a fait toujours plus figure de mythe. «Les années de misère et d’oubli en ont fait une sorte de martyre», observe Jean de Senarclens.

«Du reste, il avait lui-même travaillé à sa propre glorification, surtout avec ses mémoires publiées en allemand par Rudolf Müller en 1897 et qui ont servi de base pour la candidature au Nobel», relève encore Jean de Senarclens.

«Mais il ne faut pas pour autant tirer de Dunant un portrait trop sombre, conclut le juriste. Il a eu de nombreux mérites, le plus grand étant d’avoir écrit un livre qui a su réveiller les consciences.»

swissinfo, Andrea Tognina
(traduction: Olivier Pauchard)

Elle a lieu le 24 juin 1859.
Elle oppose les Autrichiens aux Piémontais et à leurs alliés français.
En un seul jour de bataille, il y a 40 000 morts et blessés.
Cette bataille provoque la fin de la présence autrichienne en Italie du Nord.
Cela permet du coup l’unification de l’Italie sous la conduite de la Maison de Savoie.

– Une forte religiosité calviniste est un trait dominant du caractère de Henry Dunant. En 1852, il participe à la fondation de la section genevoise de l’Union chrétienne des jeunes. En 1855, à Paris, il est l’un des principaux promoteurs de la fédération mondiale de l’UCJ.

– Ses convictions religieuses, au ton très prophétique et souvent apocalyptique, l’ont conduit à adopter, durant la seconde partie de sa vie, des positions pacifistes et très critiques envers le nationalisme.

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