Un premier pas vers Internet à l’école
La Confédération veut mettre 100 millions pour faire entrer Internet dans les écoles. Mercredi, le Conseil national a accepté d'entrer en matière.
La Chambre du peuple n’a pas voulu renvoyer le projet au gouvernement. Par 96 voix contre 65, il a suivi le conseiller fédéral Pascal Couchepin, pour qui un renvoi aurait provoqué «un retard considérable et vraisemblablement découragé les partenaires privés». Après un nouvel examen en commission, l’objet sera discutée en détail lundi prochain. Le Conseil des Etats doit aussi se prononcer durant cette session.
Ensemble, Swisscom, Apple, IBM, CISCO, Postfinance et Yellowworld apporteront plus de 100 millions de francs au projet par la mise à disposition de matériel. Huit cents millions seront investis par les cantons, tandis que l’engagement de la Confédération (100 millions) sera ciblé sur la formation des enseignants aux nouvelles technologies de l’information.
Et le fédéralisme ?
L’opposition la plus farouche est venue des rangs de l’UDC. Le St-Gallois Theophil Pfister a critiqué le fait que la dépense, envisagée dans les années d’euphorie financière, ne soit pas prévue dans le plan financier. Mais surtout, la Confédération n’a pas à intervenir dans l’école obligatoire, domaine de la compétence exclusive des cantons, a-t-il dit.
Une majorité de la commission doutait elle aussi de la constitutionalité de cette loi. Sans compter que l’intervention fédérale crée une nouvelle tâche partagée entre cantons et Confédération à l’heure où l’on cherche justement à désenchevêtrer et à clarifier leurs compétences, a déclaré le rapporteur Rémy Scheurer (PLS/NE).
Base suffisante
Pascal Couchepin a rappelé que la Confédération est responsable des hautes écoles spécialisées (HES) et des universités. Or l’engagement de l’Etat se concrétisera par la formation des enseignants, qui se fera justement dans ces établissements. En outre, il ne sera que temporaire puisque la loi prévoit l’octroi de 20 millions par an sur cinq ans, a dit le ministre de l’Economie.
La participation de la Confédération crée une plate-forme commune permettant des échanges entre cantons, donc plus d’efficacité, a ajouté M. Couchepin. Son engagement est subsidiaire mais il donne une impulsion essentielle.
Large soutien malgré tout
Chiara Simoneschi (PDC/TI) a volé au secours d’un projet dont elle a vanté la modernité. «On devrait saluer cette collaboration tripartite pour une cause tellement urgente et être content d’avoir trouvé un tel système».
Les radicaux se sont aussi déclarés prêts à passer outre les nombreux doutes et réserves que suscite le projet. Il s’agit de combler le retard de la Suisse par rapport au développement d’Internet en Europe, selon Johannes Randegger (PRD/BS).
Quant aux socialistes, malgré leurs critiques sur ce projet «mal ficelé», ils s’y sont quand même ralliés. Nous renonçons à donner une leçon au conseiller fédéral pour ne pas compromettre l’avenir des jeunes générations dans un domaine aussi important que les nouvelles technologies de l’information, a souligné Hans Widmer (PS/LU).
Des arguments qui ont porté, puisque l’entrée en matière est finalement acceptée par 120 voix contre 43.
swissinfo avec les agences
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