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Une défaite socialiste

Les dés sont donc jetés: placé depuis des années en mains socialistes, le Département fédéral de l'intérieur (DFI) passe sous contrôle bourgeois.

Ce changement au gouvernement constitue un sérieux désaveu de la politique menée par Ruth Dreifuss.

La nouvelle répartition des sièges n’est pas une surprise. Depuis des semaines en effet, les partis bourgeois ne faisaient pas mystère de leur volonté de reprendre les rênes du DFI.

Désaveu de la politique socialiste

Le DFI est notamment en charge d’un dossier délicat: celui de la santé publique. La socialiste Ruth Dreifuss y a certes connu un beau succès en rendant l’assurance maladie obligatoire pour chaque habitant du pays.

Mais le problème, c’est que les primes de cette assurance maladie n’ont cessé d’augmenter depuis l’entrée en vigueur de la Loi fédérale sur l’assurance maladie (LAMal) en 1996.

Chaque automne, on s’était habitué à voir Ruth Dreifuss annoncer de nouvelles hausses de primes. Et jamais la ministre socialiste n’a donné l’impression de pouvoir maîtriser ce phénomène qui frappe de plus en plus durement une grande partie des Suisses.

Le Conseil fédéral s’était d’ailleurs inquiété face à cette évolution. Au mois de mai, il avait siégé durant deux jours à huis clos pour parler de cette question.

Malgré des déclarations de confiance, d’aucuns y avaient vu une «mise sous tutelle» de Ruth Dreifuss de la part de ses collègues du gouvernement.

Une situation plus claire

La démission de Ruth Dreifuss donne donc l’occasion aux partis bourgeois de remettre (ou de tenter de remettre – l’avenir le dira) un peu d’ordre dans la maison de la LAMal.

Ce changement intervient à un moment clef. La révision de la loi sur l’assurance maladie est en effet actuellement en cours de révision au Parlement. La nouvelle mouture de la loi devrait prendre effet en 2005.

Mais les projets du nouveau chef de DFI se heurteront à une résistance de la part de la gauche. Une situation qui a l’avantage de la clarté, comme le pense le député écologiste Patrice Mugny.

En effet, jusqu’à présent, la gauche devait ménager sa ministre Ruth Dreifuss. Mais avec Pascal Couchepin aux commandes, elle pourra mener une vraie politique d’opposition.

Joseph Deiss dans son élément

En accédant du Département fédéral de l’économie, le démocrate-chrétien Joseph Deiss pourra faire la démonstration de ses compétences. Le Fribourgeois était en effet professeur d’économie avant d’entrer au gouvernement.

Ce sera l’occasion pour lui de redorer un peu son blason. Une opportunité d’autant plus utile que l’Union démocratique du centre (droite dure) ne cache pas ses vues sur son fauteuil de ministre.

Il est clair que la direction de l’économie est plus prestigieuse que celle de la diplomatie. Traditionnellement, les Affaires étrangères ne constituent pas un département clef de la politique suisse. Même si, au cours des dernières années, il a gagné en importance (ONU, UE).

Mais tout comme le Département de la défense, il reste un poste où, souvent, le dernier venu peut faire ses classes de conseiller fédéral avant de prendre en charge un département plus prestigieux.

Ecartée du DFI, Micheline Calmy-Rey pourra donc s’exercer à sa nouvelle fonction sans trop de remous.

Mais patience: l’actuel ministre des Finances Kaspar Villiger (radical) a d’ores et déjà annoncé sa démission pour l’an prochain. Les cartes devront alors être redistribuées. Et cette fois-ci, Micheline Calmy-Rey ne sera plus la nouvelle venue. Son choix sera par conséquent un peu plus large.

swissinfo/Olivier Pauchard

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