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A quoi doit ressembler le nouveau diplomate suisse

L'ambassadeur Thomas Borer en discussion avec le ministre des Affaires étrangères, Joseph Deiss. Keystone Archive

L'ambassadeur d'aujourd'hui doit être un véritable homme-orchestre. Qui doit savoir communiquer pour bien vendre la Suisse. Lundi à Berne, à l'ouverture de la conférence annuelle des ambassadeurs, le ministre des Affaires étrangères Joseph Deiss a brossé le portrait robot du nouveau diplomate suisse.

«La défense des intérêts de la Suisse, mission première de notre diplomatie, est plus nécessaire que jamais dans un monde globalisé.» En guise de préambule à son discours, Joseph Deiss a tenté de résumer les défis et les questions qui préoccupent la centaine de diplomates réunis cette semaine à Berne.

Révolution des communications

«Je pense notamment, a-t-il martelé, au rôle de plus en plus actif des autres départements en matière de politique extérieure, à l’influence croissante des organisations non gouvernementales, au poids grandissant de l’économie globalisée par rapport à la politique nationale, à la multi-latéralisation de la diplomatie ou à la révolution des communications.»

Une nouvelle donne qui prend forme depuis la chute du mur de Berlin, mais que la diplomatie suisse n’a pas encore pleinement pris en compte. «Nous sommes dans une phase de rattrapage. La profession de diplomate n’a pas évolué de manière régulière depuis la fin de la guerre froide», précise Georges Martin qui dirige le Centre d’analyse et de prospective du Département des affaires étrangères (DFAE).

Au premier rang de ces nouvelles exigences: la communication. Joseph Deiss a donné l’exemple du télétexte qui lui donnait le résultat de négociations à Bruxelles aussi rapidement que son chef de négociation.

«A la limite, il vaut mieux communiquer que faire, aujourd’hui», renchérit Georges Martin qui rappelle que les diplomates ont trop longtemps travaillé en fuyant les médias.

Une communication qui ne doit donc pas oublier la population elle-même. «Dans un système de démocratie directe, la politique extérieure ne peut être menée qu’en accord avec le peuple», a ainsi lancé Joseph Deiss.

Promotion de l’économie

La promotion de l’économie suisse est l’autre grand défi auquel doit répondre la diplomatie. «Avant, les entreprises n’avaient pas besoin de nous. Mais aujourd’hui, nous sommes également des représentants de commerce. Et il n’y a aucune honte à jouer ce rôle», souligne Georges Martin.

Mais la centaine de représentations que compte la Suisse dans le monde doit également défendre les intérêts de l’ensemble des ministères, et pas seulement celui des affaires étrangères ou celui de l’économie.

«Dans ce domaine, beaucoup reste à faire», remarque Georges Martin qui use d’une métaphore culinaire pour illustrer le rôle de coordinateur que doit remplir le diplomate: «Nos ambassadeurs doivent enrober d’une sauce appétissante les plats des six autres départements fédéraux».

Frédéric Burnand

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