Jour J pour la nouvelle Crossair
Le suspense reste entier sur la création d'une nouvelle compagnie aérienne suisse. La décision du Conseil fédéral est attendue lundi après-midi.
«Il reste des questions ouvertes, mais de nouveaux progrès ont été accomplis», a déclaré dimanche à l’ats le porte-parole du Département fédéral des finances (DFF) Daniel Eckmann.
Samedi, une séance marathon de près de cinq heures s’était tenue dans un grand hôtel de Zurich entre les conseillers fédéraux Moritz Leuenberger, Kaspar Villiger et Pascal Couchepin d’une part et des patrons de grandes entreprises de l’autre, afin de trouver un financement pour le projet Phénix. Des discussions tous azimuts qui se sont poursuivies tout le dimanche sans qu’aucune information ne transpire.
Répartition difficile
Au total, environ 4,5 milliards de francs sont nécessaires pour la variante maximale «26/26» qui prévoit la reprise par Crossair de 26 moyen-courriers et 26 long-courriers de Swissair. La répartition précise de la prise en charge entre pouvoirs publics et économie privée constitue une des pierres d’achoppement.
Selon les scénarios avancés, la Confédération débourserait environ 2 milliards de francs. A savoir un milliard pour la poursuite des long-courriers de Swissair jusqu’à fin mars 2002 et quelques centaines de millions sur les 940 millions nécessaires au décollage de la nouvelle Crossair, sommes qui s’ajoutent aux 450 millions déjà accordés à fonds perdus début octobre.
L’économie privée assurerait elle l’essentiel de l’augmentation du capital-actions, qui doit être porté à 2,3 milliards de francs. Les cantons aéroportuaires (Zurich, Bâle et Genève) sont appelés à passer à la caisse pour financer les activités annexes au trafic aérien.
D’après un sondage Isopublic publié dimanche, 61 % des Suisses sont en faveur d’un soutien de la Confédération à la nouvelle Crossair et 33 % sont contre. Cependant, seuls 23 % des sondés sont favorables à une aide de plus d’un milliard de francs.
Economiesuisse confiante
«Je reste plutôt confiant», a déclaré dimanche à l’ats le directeur d’economiesuisse, Rudolf Ramsauer. L’organisation économique faîtière espère que le projet d’une nouvelle compagnie à vocation intercontinentale aboutisse, sans quoi elle craint que la place économique suisse perde de son attrait.
«C’est l’heure du tout ou rien», a déclaré une source proche du dossier. Ou la variante «26/26» est acceptée, ou Crossair reste ce qu’elle est et Swissair ne laisse rien en héritage. Dans le premier cas de figure, les suppressions d’emplois seraient limitées à 9400 (dont 4100 en Suisse), alors qu’un échec du projet menacerait des dizaines de milliers d’emplois.
L’engagement de la Confédération pour le sauvetage de Swissair «n’est pas 100 % défendable d’un point de vue économique», a relevé samedi Pascal Couchepin lors du congrès du Parti radical à Schaffhouse. Mais il importe à la Confédération de «rétablir la confiance».
Prudent, Kaspar Villiger a déclaré samedi que les chances de réussite du projet étaient «supérieures à 50 %». Egalement proche du dosssier, le président du Parti radical Gerold Bührer s’est montré un peu plus précis en disant qu’elles «dépassaient tout juste les 50 %».
La nouvelle Crossair prévoit de desservir 112 destinations internationales dans 59 pays, avec une flotte de 134 appareils. Trente-sept destinations intercontinentales sont programmées, soit onze de moins que ce qu’assurait Swissair avant la crise.
swissinfo avec les agences
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