La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

L’UDC ne baisse pas les bras

Pour Christoph Blocher, c'est la Suisse qui a perdu, pas l'UDC. Keystone

Le «oui» populaire à l'adhésion à l'ONU suscite une vague de satisfaction en Suisse. Les Neinsager encaissent le coup. Et préparent déjà d'autres batailles.

C’est avec un «ouf » de soulagement jubilatoire que les partisans de l’adhésion de la Suisse aux Nations Unies ont accueilli le vote de dimanche.

«Je suis ravi et soulagé par le vote du peuple et des cantons, lance Rudolf Wyder. Avoir son mot à dire à New York et pouvoir participer aux décisions de l’ONU est, pour un Etat souverain, une évidence.»

Le directeur du secrétariat de l’Organisation des Suisses de l’étranger est d’autant plus content du résultat obtenu qu’il correspond à la recommandation du Conseil des Suisses de l’étranger – qui s’était clairement exprimé en faveur du oui.

Et Rudolf Wyder d’ajouter: «Le vote par correspondance de l’étranger montre que les Suissesses et les Suisses expatriés ont accepté l’initiative de manière plus nette que les Suisses de l’intérieur.»

Un vent de libération

Une grande euphorie s’est propagée dans le camp de partisans de l’adhésion, toutes tendances confondues. A commencer, bien sûr, par le Conseil fédéral.

«C’est un grand jour, lance le ministre suisse des Affaires étrangères, Joseph Deiss. Cette décision me remplit de fierté.» Le président de la Confédération Kaspar Villiger, lui, parle d’une avancée tant dans le domaine de la politique intérieure que dans celui de la politique extérieure de la Suisse.

Perception un peu plus partisane… celles des présidents du PS, du PDC et du PRD qui jubilent. Le vote de ce dimanche constitue, pour eux, un signe d’ouverture.

Ainsi, Christiane Brunner considère que le vote des Suisses montre que les mentalités changent. La présidente du Parti socialiste estime que les partisans d’une Suisse ouverte et solidaire ont été confortés ce week-end.

Un grand pas en faveur de la paix dans le monde

Même son de cloche chez les démocrates-chrétiens. Le «Sonderfall» tourné résolument vers le passé perd de son attrait pour faire place à une Suisse se sentant solidaire du monde, déclare en substance le président du PDC, Philippe Stähelin.

Pour le président des radicaux, le peuple a confirmé qu’il voulait une politique extérieure pragmatique et raisonnable. «Le résultat, précise Gerold Bührer, est un oui à l’ONU, ni plus ni moins.»

Selon les présidents du Conseil national et du Conseil des Etats, la Confédération vient de franchir un grand pas en faveur de la paix dans le monde.

Pour Liliane Maury Pasquier (PS/GE) et Anton Cottier (PDC/FR), le oui va permettre à la Suisse «d’entrer de plain-pied dans la famille des nations».

Pour les Verts, «la Suisse renonce enfin à son statut particulier». Et, en tant que pays riche et privilégié, elle aura un rôle décisif au sein des Nations Unies.

Ouf de soulagement, enfin, du côté d’Economiesuisse qui a coordonné la campagne du oui. L’organisation patronale estime que la Suisse va enfin pouvoir faire preuve d’ouverture et participer aux décisions internationales.

Le combat de l’UDC contre l’Union européenne

Pour l’UDC, la défaite est dure à avaler. Son président, Ueli Maurer, avoue qu’il «ne s’attendait pas à un refus en votation populaire». Il parle d’ailleurs d’une «mauvaise passe pour le pays».

«Ce n’est pas moi qui ai perdu, c’est la Suisse», lance le conseiller national de l’UDC Christoph Blocher. Qui ne voit d’ailleurs aucune raison de remettre en question sa ligne politique.

Pour Christoph Blocher, le «Sonderfall» suisse n’est pas fini. Avec 45,5% des voix et le soutien de près de la moitié des cantons, le tribun zurichois de l’UDC a de bonnes raisons de continuer son combat politique.

«Il faut lutter encore, confie Christoph Blocher. Car on veut nous faire entrer dans l’Union européenne (UE) et c’est contre notre neutralité et notre souveraineté.»

Enfin, Hans Fehr affiche un volontarisme tout aussi pugnace. Pour le directeur de l’Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), la lutte pour une Suisse indépendante doit continuer sans relâche.

Jugurtha Aït-Ahmed

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision