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«Le feu sacré n’est plus aussi sacré»: le président de la Confédération Guy Parmelin va quitter le gouvernement

Guy Parmelin
Guy Parmelin au Conseil des États durant les débats consacrés aux Bilatérales III. Keystone / Alessandro Della Valle

Guy Parmelin a annoncé ce vendredi en conférence de presse sa démission du Conseil fédéral au 31 décembre, onze ans après son élection au gouvernement. L'UDC vaudois a déclaré vouloir laisser la place à des «forces vives en ces temps de grandes incertitudes».

La rumeur bruissait depuis des mois, elle est désormais confirmée: le conseiller fédéral UDC (Union démocratique du Centre / droite conservatrice) Guy Parmelin a annoncé sa démission vendredi matin devant les médias réunis à Berne.

Lui qui avait pourtant assuré à plusieurs reprises qu’il resterait jusqu’à la fin de la législature, à l’automne 2027, quittera le gouvernement au 31 décembre.

«Durant la pause d’été, j’ai bien réfléchi à ce qui serait le meilleur pour le pays, et progressivement, il m’est apparu que le retrait à la fin de cette année s’imposait naturellement comme la décision la plus appropriée. Dans tout ce que j’ai entrepris, j’ai toujours eu devant les yeux l’intérêt général du pays et de ses habitants», a-t-il précisé.

Guy Parmelin a déclaré vouloir laisser la place à des «forces vives en ces temps de grandes incertitudes». Il a exclu tout problème de santé, mais admis que «le feu sacré n’est plus aussi sacré qu’au début», ajoutant que «le cimetière est rempli de gens qui se croyaient indispensables».

Onze ans au Conseil fédéral

Guy Parmelin avait été élu au Conseil fédéral le 9 décembre 2015. Son élection avait alors coïncidé avec le retour d’un second UDC au gouvernement sept ans après l’éviction de Christoph Blocher et son remplacement par Eveline Widmer-Schlumpf.

Au gouvernement, il a d’abord dirigé le Département de la défense avant de prendre en 2019 la tête du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche.

En tant que ministre de l’Économie, il peut se targuer de plusieurs succès, notamment la signature de plusieurs accords de libre-échange avec l’Inde, l’Indonésie et plus récemment le Mercosur. En revanche, l’annonce par Washington des droits de douane de 35%, qu’il a finalement réussi à ramener à 15%, a été «un coup de massue pas agréable», a-t-il concédé vendredi. «Nous avons tous retroussé les manches pour trouver des solutions. Au Conseil fédéral, nous gagnons et perdons ensemble.»

>> En décembre 2025, il avait raconté les coulisses de la fonction présidentielle à l’émission Mise au Point de la RTS:

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Une première année de présidence marquée par le Covid

Guy Parmelin avait déjà assumé une première présidence de la Confédération en 2021, en pleine pandémie de Covid-19. Répondant à une question de Swissinfo vendredi, il a décrit la crise sanitaire comme l’un des moments les plus difficiles de sa carrière.

«Nous avons dû annoncer la fermeture de nombreuses activités, a-t-il rappelé. J’ai vu des entrepreneurs catastrophés, qui craignaient de faire faillite. Je me souviens de rencontres, durant les deux semaines où tout était fermé, avec des personnes qui avaient les larmes aux yeux.»

Et de poursuivre: «Avec le Conseil fédéral, nous avons dû prendre cette décision pour des raisons de santé publique, puis trouver très rapidement des solutions pour assurer des liquidités aux entreprises. Nous avons dû travailler ensemble au sein de différents départements, notamment les finances, l’économie et la santé, afin de mettre sur pied les prêts Covid. Cela a donné lieu à des négociations difficiles. Mais si je regarde ce qui s’est passé en comparaison internationale, je crois que nous nous en sommes plutôt bien sortis.»

Durant la pandémie, Guy Parmelin avait en outre dû jouer les équilibristes entre sa fonction et son parti, l’UDC étant en majorité opposée aux mesures sanitaires. Cette année présidentielle avait contribué à le faire mieux connaître du grand public, notamment en Suisse alémanique.

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Guy Parmelin se tient aux côtés de Vladimir Poutine et de Joe Biden, le 16 juin 2021 à Genève. Patrick Semansky / Keystone

Un autre moment marquant de sa première présidence demeure le sommet américano-russe à Genève. La photo du Vaudois entre Joe Biden et Vladimir Poutine avait alors fait le tour du monde. Cette rencontre avait permis un léger dégel des tensions entre Moscou et Washington.

L’année 2026 a marqué sa deuxième année de présidence de la Confédération. Une année entamée brutalement avec le drame de Crans-Montana, le 1er janvier, lorsque 41 personnes ont trouvé la mort et plus d’une centaine ont été blessées dans l’incendie d’un bar.

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De gauche à droite: les conseillers fédéraux Beat Jans, Ignazio Cassis et Guy Parmelin accompagnés de leurs épouses, ainsi que les conseillers d’État valaisans Mathias Reynard, Christophe Darbellay et Franz Ruppen, lors de la journée de deuil national suite au drame de Crans-Montana. Keystone / Laurent Gillieron

>> Relire notre interview de Guy Parmelin réalisée au début de sa seconde présidence de la Confédération cette année:

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Issu du monde viticole

Né le 9 novembre 1959 à Bursins, dans le canton de Vaud, Guy Parmelin est issu d’une famille d’agriculteurs et de viticulteurs. Après un apprentissage d’agriculteur, il a obtenu une maîtrise fédérale en viticulture et repris l’exploitation familiale.

Avant d’accéder au Conseil fédéral, le Vaudois a tout d’abord été membre du Conseil général de sa commune de Bursins avant de siéger au Grand Conseil vaudois entre 1994 et 2003. Il a dirigé l’UDC vaudoise entre 2000 et 2004. Il a été élu au Conseil national en 2003.

Guy Parmelin a été réélu à trois reprises et y est resté jusqu’à son arrivée au gouvernement. Il siègeait notamment dans la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique. Un temps pressenti pour être candidat au Conseil d’État vaudois, il a finalement renoncé pour privilégier sa carrière à Berne.

«I can English understand, but je préfère répondre en français»

Guy Parmelin s’est affirmé au fil des ans dans sa tâche de conseiller fédéral. On le disait à ses débuts sans grand relief. Il avait été moqué pour sa gestion des dossiers, ses maladresses verbales ou sa maîtrise des langues étrangères, notamment l’anglais.

Son fameux «I can English understand, but je préfère répondre en français pour être plus précis» avait fait rire et avait soulevé les sarcasmes de la presse, jusqu’au prestigieux New York Times.

>> Revoir le sujet du téléjournal de l’époque:

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Guy Parmelin est connu pour son style direct et jongle avec l’humour et la proximité. Le ministre de l’Économie, qui commence sa journée à 5h30, est aussi le conseiller fédéral le plus matinal. Il mène une vie familiale discrète, partagée avec son épouse, ses neveux et nièces, et un père nonagénaire.

>> Voir le portrait de Guy Parmelin réalisé par la RTS:

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