Les «Neinsager» montent aux barricades
Le Comité suisse contre l'adhésion à l'ONU «politique» appelle à voter contre la «mise sous tutelle du pays».
Lundi, à Berne, Christoph Blocher est apparu devant la presse flanqué des deux anciens parlementaires Hans Letsch (PRD/AG) et Paul Eisenring (PDC/ZH), qui avaient déjà combattu l’adhésion en 1986.
«Une adhésion aux Nations unies remettrait en cause la crédibilité de notre neutralité et restreindrait notre souveraineté», estime le tribun zurichois de l’UDC.
Pour les coprésidents du comité d’opposants, rien n’a changé au sein de l’ONU, depuis le refus populaire d’il y a bientôt 16 ans. De plus, le 3 mars prochain, «il y va bien plus que de l’adhésion à l’ONU.»
«Pour le Conseil fédéral, affirme Christoph Blocher ce vote est en effet une étape vers l’entrée dans l’Union européenne et l’OTAN.»
Une organisation «antidémocratique»
Seul romand au sein du comité formé essentiellement de membres de l’UDC, le conseiller national Serge Beck (PLS/VD) critique la structure politique de l’ONU. Il juge notamment les compétences des membres permanents du Conseil de sécurité «profondément antidémocratiques».
«Les intérêts économiques et stratégiques des membres permanents paralysent largement les capacités de l’Organisation des Nations unies à remplir ses buts fondamentaux», poursuit le libéral vaudois.
Et Serge Beck de conclure: «la Suisse devrait reprendre telles quelles les mesures répressives, sanctions ou boycotts, décidés par le Conseil de sécurité. Cela réduirait massivement la souveraineté helvétique, selon les opposants.
La Suisse fait déjà partie des principales organisations spécialisées de l’ONU et verse à ce titre 470 millions de francs par année, ajoute Christoph Blocher. Une adhésion au noyau politique de l’organisation coûterait donc davantage que les 70 millions annoncés par le Conseil fédéral.»
La guerre des millions
Le comité dispose d’un budget de près de 2 millions de francs pour mener sa bataille. Une campagne à coups d’affiches représentant une hache brisant la neutralité et un fonctionnaire face à un petit Suisse qui «verse des millions en pure perte».
C’est peu face aux millions dépensés par les partisans de l’adhésion et financés par économiesuisse, critique le conseiller national et directeur de l’Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), Hans Fehr (UDC/ZH). Et de fustiger également la «propagande d’Etat» menée par le gouvernement avec l’argent des contribuables.
La majorité des cantons
«Malgré ces moyens restreints, estime Hans Fehr, nous avons de grandes chances de gagner le scrutin. Car le nombre des sceptiques augmente.» Le comité mise avant tout sur le refus de l’initiative populaire par la majorité des cantons.
Il va d’ailleurs s’engager dans les cantons où l’issue est incertaine. Entre autres, en Argovie, à Lucerne ou St-Gall.
Le secrétariat de l’ASIN coordonne en outre la campagne des autres comités d’opposants, dont la Coordination romande emmenée par la Ligue vaudoise.
Du côté des partisans de l’adhésion, les Conseillers fédéraux Joseph Deiss, Kaspar Villiger et Samuel Schmid lanceront leur campagne mardi.
swissinfo avec les agences
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