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L’initiative SSR visant à réduire la redevance audiovisuelle est clairement refusée

RTS / SSR
La régie de l'émission spéciale votations de la RTS, ce dimanche 8 mars 2026 à Genève. Keystone / Salvatore Di Nolfi

La redevance radio-TV ne sera pas abaissée à 200 francs. L’initiative «200 francs, ça suffit!» (initiative SSR), soumise en votation ce dimanche, est refusée par plus de 60% de l’électorat.

La part de non à l’initiative populaire «200 francs, ça suffit!» s’élève à quelque 62%. Le refus l’emporte dans tous les cantons.

Aussi plus simplement désigné comme l’initiative SSR (du nom du groupe audiovisuel public suisse – maison-mère, entre autres, de Swissinfo), le texte voulait abaisser la redevance radio-TV de 335 à 200 francs pour les ménages, et en exempter totalement les entreprises.

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Un résultat plus net qu’attendu

Le résultat de ce dimanche de votation est donc encore plus clair que prévu: lors de son dernier sondage, gfs.bern disait s’attendre à un rejet de l’initiative mais restait sur ses gardes. À une dizaine de jours du scrutin, 54% de l’électorat s’y opposait.

Or, le non dépasse les 55% quasiment partout, et même les 60% en Suisse romande à l’exception du Valais (57%): 64% à Genève, 65% dans le Jura, 67% dans le canton de Vaud et presque autant à Neuchâtel. Les grands cantons de Zurich et Berne rejettent aussi le texte à plus de 64%.

Pour le politologue Urs Bieri, de gfs.bern, ce résultat net s’explique par une forte mobilisation ces derniers jours dans les zones urbaines.

>> Notre article relayant les résultats du deuxième sondage SSR:  

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Pas la première attaque contre la redevance

Actuellement, la redevance perçue par la Confédération pour financer les médias de service public s’élève à 335 francs par an et par ménage et nettement plus pour les entreprises, qui contribuent selon leur chiffre d’affaires.

La collecte de la redevance est assurée par l’entreprise Serafe. Au total, environ 1,4 milliard de francs sont perçus, dont près de 90% (1,3 milliard) vont à la SSR. Cette contribution représente plus de 82% du budget de l’entreprise.

Outre la SSR, la redevance contribue à financer près d’une quarantaine de chaînes locales ou encore l’agence de presse Keystone-ATS; un montant total de 86 millions de francs leur est alloué pour leur mandat de service public.

L’initiative «200 francs, ça suffit!» est la deuxième tentative récente de réduire le financement de la SSR. La première était l’initiative «No Billag», soumise au vote en 2018 et rejetée à près de 72%, qui réclamait la suppression pure et simple de la redevance audiovisuelle. Avant ce rejet dans les urnes, quatre autres textes anti-redevance avaient échoué.

>> Lire notre article expliquant les enjeux de la votation : 

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Initiative de la SSR Initiative de réduction de moitié SRF Studio

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En bref: l’initiative SSR expliquée

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Recentrer la SSR sur son mandat de base

L’initiative SSR sur laquelle le peuple s’est prononcé dimanche émane des mêmes milieux que «No Billag». Le texte a été porté par un comité de représentants de l’UDC (Union démocratique du centre), de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) et des Jeunes libéraux-radicaux.

Leurs motivations étaient à la fois économiques et politiques. Durant la campagne, le camp du ouiLien externe a fait valoir que sa proposition permettrait de soulager financièrement les ménages, en particulier les jeunes qui, selon son argumentaire, consomment peu les offres de la SSR et disposent de moyens limités.

Les entreprises auraient aussi été libérées de ce qu’il qualifie de «double imposition injuste». Dimanche, une fois le résultat de la votation connu, le directeur de l’USAM Urs Furrer a d’ailleurs annoncé à la télévision alémanique SRF son intention de continuer à s’engager pour abolir la redevance pour les entreprises, sans toutefois préciser de quelle manière.

Les initiants soulignent que la redevance suisse est la plus élevée en comparaison européenne et plaident pour qu’elle se recentre sur le cœur de son mandat. Pour eux, l’entreprise publique de médias dépasse le cadre de sa mission de service public dès lors qu’elle élargit son offre en ligne ou propose des émissions de divertissement qui pourraient être proposées par ses concurrents privés, par exemple.

Ils accusent par ailleurs régulièrement la SSR d’être biaisée. Dans son communiqué envoyé à l’issue du vote, l’UDC a ainsi regretté que la population suisse doive continuer à financer un «journalisme de gauche» avec «des milliards de francs» provenant de la redevance.

>> Revoir notre débat filmé Let’s talk consacré à l’initiative SSR:

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Moins d’argent pour le service public, un risque pour la Suisse?

Les adversaires de l’initiativeLien externe, au rang desquels figuraient entre autres le Conseil fédéral et le Parlement, mais aussi tous les autres grands partis à l’exception de l’UDC, ont quant à eux fait valoir qu’une telle réduction des recettes de la SSR fragiliserait non seulement la qualité de l’offre médiatique suisse, mais aussi le système démocratique et la cohésion du pays.

Pour les opposants, affaiblir la radio et la télévision publiques serait une erreur dans un contexte géopolitique mondial instable, marqué notamment par la guerre hybride et l’exposition aux fausses informations. Ils soulignent que la SSR garantit une offre médiatique indépendante et de qualité, y compris dans les régions périphériques.

Dimanche, la SSR s’est réjouie du rejet de l’initiative et de la confiance témoignée par la population. Elle a promis de poursuivre son engagement dans les différentes régions linguistiques. «Nous sommes soulagés d’avoir pu montrer la plus-value que le service public apporte à l’ensemble de la Suisse», a ainsi déclaré le président du Conseil d’administration de la SSR, Jean-Michel Cina, cité dans un communiqué.

>> Voir aussi l’intervention du directeur de la RTS Pascal Crittin:

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Le signe d’un attachement au service public, pas un blanc-seing

Sur le plateau de la RTS, le conseiller aux Etats socialiste neuchâtelois Baptiste Hurni a vu dans le résultat de dimanche la preuve que «la population est attachée à un audiovisuel public fort», tout en soulignant que «ce n’est pas un blanc-seing donné aux journalistes de l’audiovisuel public».

Le conseiller national PLR genevois Cyril Aellen, interrogé par la RTS, a également salué le refus de l’initiative. «C’est un renouvellement de la confiance à l’égard de la SSR, mais c’est aussi une exigence qui est demandée. Les choses vont aller dans ce sens-là avec le contre-projet indirect qui a été proposé par le Conseil fédéral», selon lui.

>> Voir son interview à la RTS:

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Le contre-projet du gouvernement réduira aussi la redevance

Le Conseil fédéral a en effet adopté un contre-projetLien externe qui réduira malgré tout lui aussi le montant de la redevance, suite au rejet de l’initiative: la facture par ménage privé passera à 312 francs en 2027, puis à 300 francs en 2029. 

Il a aussi revu à la hausse le chiffre d’affaires permettant une exonération pour les entreprises, de 500’000 francs à 1,2 million. Ainsi, dès 2027, environ 8 entreprises sur 10 soumises à la TVA ne devraient plus payer la redevance.

Interrogé par la SRF à l’issue du vote, le conseiller national UDC zurichois Thomas Matter a estimé que cette réduction de 35 francs de la redevance décidée par le gouvernement avait coupé l’herbe sous le pied à l’initiative et constituait un petit succès partiel.

Le Conseil fédéral a également décidé de revoir le mandat de la SSR. Celle-ci devra se concentrer sur l’information, la culture et la formation. En outre, elle devra proposer avant tout des programmes de divertissement et de sport que les médias privés ne couvrent pas, et son offre en ligne devra se concentrer davantage sur les contenus audiovisuels.

L’entreprise a déjà commencé à mettre en oeuvre des mesures d’économies et a annoncé la suppression de 900 postes à temps plein d’ici 2029.

>> Lire notre analyse sur les enseignements à tirer de cette votation:

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Les Suisses de l’étranger plus opposés à l’initiative

Lors du dernier sondage d’avant-vote, l’initiative trouvait du soutien presque exclusivement parmi les sympathisants de l’UDC. L’électorat des autres formations se déclarait contre la réduction de la redevance, même si le rejet le plus net émanait des personnes se situant à gauche de l’échiquier politique.

L’institut gfs.bern a observé une différence notable entre les genres: le non l’emportait largement chez les femmes, alors que les hommes étaient plus divisés.

Les Suisses de l’étranger – qui ne sont pas assujettis à la redevance – étaient plus opposés à l’initiative que leurs compatriotes vivant dans le pays.

Relu et vérifié par Samuel Jaberg

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