Royaume-Uni: le PIB recule de 0,1% en avril
Le Royaume-Uni a enregistré une baisse de 0,1% de son produit intérieur brut (PIB) en avril, une première depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et une mauvaise nouvelle pour le gouvernement travailliste, empêtré dans une nouvelle crise politique.
(Keystone-ATS) Ce recul, annoncé vendredi par l’Office national des statistiques (ONS), est conforme aux prévisions des analystes. Il fait suite à une hausse du PIB de 0,4% en février et 0,3% en mars.
«Ce n’est pas une guerre que nous avons voulue, ni rejointe, mais elle aura des répercussions chez nous», a réagi la ministre des Finances Rachel Reeves, assurant toutefois que son «plan économique est le bon», le FMI et l’OCDE ayant «récemment revu à la hausse leurs prévisions de croissance» pour le pays.
Pour Stuart Clark, analyste chez Quilter, le premier trimestre, au cours duquel l’économie a progressé de 0,6%, «ressemble de plus en plus à une fausse éclaircie» et «les effets du conflit au Moyen-Orient apparaissent désormais clairement dans les données».
Cette situation «rend extrêmement difficile la tâche de la Banque d’Angleterre (BoE)», qui se réunit jeudi prochain pour prendre une décision sur son taux directeur.
Vers une stagflation
«Avec une économie qui présente des accents de stagflation, la dernière chose qu’elle souhaite faire est de relever les taux d’intérêt, mais c’est pourtant ce que les marchés anticipent, l’inflation (liée à la hausse des prix des hydrocarbures en raison du conflit, ndlr) demeurant pour l’instant la principale préoccupation», ajoute-t-il.
La décision de la Banque d’Angleterre coïncide avec une législative partielle décisive jeudi dans une circonscription près de Manchester, qui pourrait permettre au travailliste Andy Burnham de se poser en rival du Premier ministre Keir Starmer, en grande difficulté, en cas d’élection.
Les crises politiques se multiplient à la tête de l’Etat britannique. Le gouvernement a essuyé jeudi des démissions en cascade au ministère de la Défense, dont celle du ministre John Healey, qui a critiqué le manque de moyens alloués aux armées sur fond de montée des menaces sécuritaires.
Le recul du PIB en avril et les perspectives pour les prochains mois pourraient compliquer un peu plus les arbitrages budgétaires du gouvernement, qui reporte depuis plusieurs mois la publication de son plan d’investissement dans la défense, initialement prévue pour la fin 2025.