Un Prix de science comme tremplin professionnel
La Science appelle les jeunes, une fondation suisse soutenant les jeunes chercheurs, a honoré début mai à Lausanne 100 jeunes scientifiques issus de 17 cantons. swissinfo.ch est allé à leur rencontre.
Elsa Tschopp est rayonnante. Son mini sous-marin a reçu un prix spécial au 48e concours national de la Fondation La Science appelle les jeunes le 3 mai. La Zurichoise de 18 ans a également remporté un voyage d’une semaine tout frais payés en Norvège pour participer à l’European Space Camp.
Son sous-marin est équipé d’une caméra qui permet de mesurer et d’évaluer la pollution du lac.
«C’est incroyable, dit l’étudiante de l’école cantonale de Limmattal , à Birmensdorf. Il y a deux ans, j’ai vu mon frère participer et j’ai pensé : pourquoi pas? Quand j’ai commencé mon sous-marin, c’était juste un projet de gymnase.»
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Le Mini sous-marin
La variété des 82 projets en compétition cette année était très large, comme un robot pour cocktail, un «voyage interculturel» entre des masques traditionnels uranais et burkinabé ou une étude sur le rapport entre l’exposition aux rayons solaires UV et le taux de vitamine D.
Directeur de la Fondation, Stefan Horisberger relève que le concours 2014 reflète les tendances récentes: moins élitaires, plus diversifiées et plus féminines.
Quant au succès à long terme pour les lauréats, le directeur cite des exemples comme André Kudelski , fondateur du groupe Kudelski , Heinrich Haller, directeur des parcs nationaux suisses ou le président de l’Institut polytechnique fédéral de Zurich (EPFZ ), Ralph Eichler, qui a remporté un Prix en 1967 pour un projet informatique .
Hors du sérail
Étudiant en génie mécanique à l’EPFL, Pius Theiler a remporté un prix au concours national de 2011. Ce qui lui a permis de participer la même année au Concours européen des jeunes scientifiques à Helsinki, où il a présenté un équipement d’escalade innovant.
«Cette compétition démontre que les nouvelles découvertes scientifiques peuvent naître en dehors des laboratoires de haute technologie, souligne-t-il. Les participants présentent et discutent leur projet. Cela demande une capacité de communiquer en public, une compétence qui manque dans la science d’aujourd’hui. »
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L’orgue à eau
Camill Oberhausser était également sous le coup de l’émotion, après que son étude sur la morale et la sexualité a remporté un prix spécial qui lui a permis de participer au concours de l’UE qui se tient à Varsovie en septembre.
«Je ne pensais pas pouvoir gagner », raconte l’avocate en herbe. Ce qui compte dans ces concours, c’est leur aspect social, plus que la compétition en elle-même. Vous rencontrez beaucoup de gens vraiment intéressants. Vous pouvez construire votre propre réseau. C’est aussi une excellente occasion d’apprendre à présenter son travail. »
De son coté, Stefan Horisberger relève que cette année, le niveau des projets était très élevé : «Il est important de rappeler qu’aucun des candidats n’est allé à l’université. »
Et le directeur de la fondation de préciser : «Ils sont à l’école secondaire. Ils ont donc reçu une formation générale, non spécialisée. Ainsi, lorsque nous les jugeons, nous regardons les projets d’une manière différente, pas seulement scientifique. L’innovation et la créativité sont également importantes. »
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Le robot à cocktails
Peut mieux faire
La Suisse est régulièrement en tête en termes d’innovation et de compétitivité sur le plan mondial, en particulier grâce à ses universités de classe mondiale et ses réseaux de recherche. Quant à l’enseignement secondaire, il s’est amélioré, si l’on en croit l’étude PISA 2012 (Programme for International Student Assessment).
La Suisse arrive en tête des pays européens dans une comparaison internationale en matière de compétences mathématiques. Pour les sciences, la Suisse est en revanche en 18e position, derrière des pays comme la Finlande, l’Allemagne et le Canada.
Pour faire monter le niveau, Stefan Horisberger estime que la science devrait être mieux promue auprès de la population suisse.
«Si vous regardez l’Irlande ou la Grande-Bretagne, la science y est beaucoup plus populaire qu’en Suisse. Le soir, vous avez des programmes scientifiques à la télévision. Les scientifiques sont connus dans tout le pays. Cela n’existe pas en Suisse », déplore le directeur.
La Fondation La Science appelle les jeunes a honoré le 3 mai à Lausanne 100 jeunes chercheuses et chercheurs venant de 17 cantons.
Les meilleurs travaux ont été récompensés par 38 prix spéciaux nationaux et internationaux.
Les travaux les plus novateurs ont en outre été récompensés par 38 prix spéciaux, qui permettront aux lauréats de participer à un camp scientifique de deux semaines à Londres, d’être invités à la cérémonie de remise des prix Nobel à Stockholm ou encore de participer à des concours de projet internationaux en Europe, en Asie, en Afrique ou aux Etats-Unis.
Source : ATS
L’après 9 février
Reste une préoccupation majeure depuis le vote du 9 février sur l’immigration qui remet en question les relations de la Suisse avec l’Union européenne.
Dans un premier temps, les étudiants suisses ont été exclus du programme d’échange universitaire Erasmus cette année. Et les universités suisses ne peuvent plus demander des financements au sein de son principal programme de recherche Horizon 2020.
Le 6 mai, l’UE a décidé de débloquer les négociations sur l’avenir de la coopération suisse au programme Erasmus et Horizon 2020.
Cependant, le statut futur des étudiants suisses reste incertain. Aucune date n’a été fixée pour le début des négociations. Et le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter a récemment déclaré que la Suisse pourrait réintégrer les programmes européens, mais que la collaboration ne serait pas aux mêmes niveaux qu’avant le vote, notamment en termes de direction suisse de projet.
«Il y aura bien sûr une solution, estime Camill Oberhausser. Mais vous ne pouvez pas fermer les frontières et faire les choses seul. La science et l’innovation en Suisse sont conditionnées par le reste du monde. Nous devons travailler ensemble. Ce vote envoie un mauvais signal. »
(Traduit de l’anglais par Frédéric Burnand)
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