Chute de Mir: la Suisse est prête
Les Russes s'apprêtent à détruire, vendredi matin, leur station orbitale, en la faisant plonger vers la Terre. Pour la Suisse les risques sont minimes. Mais à la Centrale nationale d'alarme, à Zurich, on suit tout de même de près l'opération.
Après 15 ans d’activité dans l’espace, la station Mir va donc être détruite. Les contrôleurs russes doivent, vendredi matin, la faire définitivement plonger vers la Terre. Lancé à 28 000 km/h, l’énorme engin – plus de 130 tonnes, la moitié d’un Boeing 747 – va en bonne partie brûler lors de son entrée dans l’atmosphère.
Mais des morceaux de la station spatiale, certains allant jusqu’à 700 kg, vont résister à l’épreuve et s’écraser, vers 06h20 GMT, dans l’océan Pacifique. Les Russes ont délimité une zone-cible, particulièrement peu habitée, mais très étendue, située entre la Nouvelle-Zélande et le Chili.
Très loin de la Suisse, aux antipodes, même. A Zurich, néanmoins, on surveille de près l’évolution de la situation, à la Centrale nationale d’alarme, un organisme mis sur pied par la Confédération pour intervenir en cas de danger nucléaire, chimique, en cas de rupture de barrage ou – justement – de chute de satellite.
Car, l’Europe, et la Suisse, sont bien sur la trajectoire de Mir. Des débris pourraient donc, théoriquement, si quelque chose tournait mal, nous tomber sur la tête. Théoriquement, car en fait ce risque est insignifiant. «La probabilité que la Suisse soit touchée est d’environ 1 sur 10 000, explique Yves Loertscher de la Centrale nationale d’alarme. Celle qu’un habitant soit touché de 1 sur 10 millions».
Une évaluation que la Centrale est prête, constamment, à éventuellement revoir, sur la base des informations que lui livre l’ESA, l’Agence spatiale européenne. Mais aucune mesure concrète n’est envisagée. D’autant plus que tout risque de dispersion de substances dangereuses semble écarté. «Il n’y a aucune matière radioactive à bord de Mir, fait remarquer Yves Loertscher. Cela a été confirmé et re-confirmé par les Russes et ainsi que par l’ESA».
La chute de Mir est certes un événement extraordinaire, de par la taille du satellite, puisque c’est le plus gros objet fabriqué par l’homme à retomber sur Terre. Mais c’est toute l’année, jour et nuit, qu’une douzaine de personnes se relaient à la Centrale nationale d’alarme, prêtes à intervenir.
Et les retours de satellites, même s’ils ne sont pas tous suivis à la trace par la Centrale de Zurich, font partie de la routine. En moyenne, c’est une fois par jour qu’un objet spatial décroche de son orbite et pénètre dans l’atmosphère. Cela sans avoir fait, apparemment, en 40 ans d’aventure spatiale, la moindre victime sur Terre.
Pierre Gobet, Zurich
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