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La coopération suisse a besoin de l’ONU

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«La logique du développement voudrait que nous puissions faire valoir nos expériences au sein de l'ONU politique». Les intentions de la DDC sont claires: coopérer avec les Nations unies est le meilleur moyen de faire valoir le savoir-faire helvétique.

La conférence de presse annuelle de la Direction du développement et de la coopération suisse entre dans la tradition. Elle donne le ton aux réflexions qui jalonnent douze mois d’informations. Après «L’autre Afrique», l’an dernier, la DDC a décidé de mettre en valeur ses liens avec les institutions, programmes et autres fonds spécialisés des Nations unies.

Est-ce à dire qu’elle entre à sa manière dans la campagne lancée par le gouvernement fédéral en vue de l’adhésion de la Suisse aux organes politiques de l’ONU? «Non, répond Serge Chappatte, vice-directeur de la DDC, il s’agit plus simplement de donner une information générale au public suisse sur nos relations actuelles avec les Nations unies de manière à ce qu’il puisse se forger une opinion».

Mais l’exposé de la situation impose un constat quasi incontournable: «il est dans l’intérêt de la Suisse et de sa stratégie de coopération au développement d’avoir une influence sur les impulsions, voire les mandats, que l’Assemblée générale de l’ONU et son Conseil économique et social donnent aux institutions avec lesquelles nous collaborons déjà».

Il est bien loin le temps où chaque pays pouvait concocter dans son coin ses propres programmes de coopération avec les pays de son choix. Aujourd’hui, la pauvreté, la destruction de l’environnement, les pénuries d’eau, les migrations forcées, le sida et autres réalités planétaires ne peuvent être empoignés efficacement qu’au niveau multilatéral.

«Soyons clairs, déclare Walter Fust, directeur de la DDC: l’ONU est le seul forum universel au sein duquel presque tous les pays peuvent participer à l’élaboration de solutions communes face aux problèmes globaux qu’affronte la politique de développement».

Pour la Suisse, qui concentre son aide bilatérale directe sur un petit nombre de pays, collaborer avec les Nations unies est aussi un moyen réaliste de «ne pas abandonner d’autres pays qui méritent également un soutien».

Cette coopération multilatérale a bien évidemment son prix. Cette année, la DDC injectera environ 100 millions de francs dans les programmes de développement financés par la douzaine de grands bailleurs de fonds onusiens et plus 70 millions dans leurs opérations humanitaires. Ce qui représente, grosso modo, 15% de son budget annuel, 34% si l’on prend en compte l’ensemble des cofinancements multilatéraux.

Mais la Suisse a-t-elle véritablement son mot à dire là où se décident les grandes orientations de tous ces projets? «Nous avons régulièrement voix au chapitre», rassure Walter Fust, certain qu’ici et là des arguments helvétiques ont pu infléchir des programmes onusiens.

La lutte anti-sida fournit un bon exemple d’un de ces points de vue écoutés par les institutions internationales: «la Suisse, dit Serge Chappatte, a sans doute été l’un des premiers pays à ne pas considérer seulement le sida comme une maladie, mais comme un problème complexe avec ses dimensions sociales et économiques». Sans parler de sa campagne d’information dont la notoriété a, depuis longtemps, largement dépassé ses frontières.

Qu’il s’agisse aussi de la priorité à donner aux pays les plus pauvres, du développement des régions de montagne ou de la décentralisation des administrations publiques, la DDC partage régulièrement ses expériences. Ce qui fait dire à Serge Chappatte que la Suisse «a une influence plus grande que sa mise de fonds relativement modeste pourrait laisser croire».

Bernard Weissbrodt

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