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Les Romands indignés

Le Conseiller national vaudois Jean Fattebert, vice-président de l'UDC, a été le premier à réagir. Keystone Archive

Le pamphlet du conseiller aux Etats argovien Maximilian Reimann choque les Romands, tous partis confondus, à l'exception de l'UDC. A quelques jours de la votation sur l'Europe, il invite carrément les cantons francophones à quitter la Suisse.

«C’est la négation de la Suisse, une nation qui s’est construite par la volonté de différentes communautés de vivre ensemble», s’indigne Yves Christen. Selon le conseiller national radical vaudois, le pamphlet de Maximilian Reimann montre que «l’aile zurichoise» de l’UDC ne peut plus être considérée comme un parti gouvernemental.

Jacques Neirynck abonde dans cette direction. Mais le démocrate-chrétien rappelle que cette question aurait dû être débattue lors de l’élection du successeur d’Adolf Ogi au Conseil fédéral…

«Cette provocation est révélatrice d’un état d’esprit courant à l’UDC, qui vise à mettre hors-jeu ceux qui pensent différemment», poursuit Yves Christen. Une allusion au fait que, au sein de l’UDC elle-même, l’aile zurichoise cherche à imposer sa sensibilité.

«Sur la question européenne, notre parti n’est pas divisé», rétorque l’UDC vaudois Jean Fattebert. Logiquement, donc, le conseiller national vaudois soutient son collègue de parti. «Maximilian Reimann a voulu provoquer une réaction, poursuit-il. Mais, il le dit lui-même, il est attaché à la Suisse romande.»

Aussi provocateur soit-il, l’UDC argovien soulève un réel problème: «ce pamphlet reflète malheureusement assez bien l’état de notre pays», souligne Jean-Claude Rennwald.

Le socialiste jurassien s’empresse d’ajouter que les Romands n’envisagent pas la sécession. Mais il admet aussi s’être déjà demandé quelle devrait être la réaction des Francophones s’ils étaient minorisés le 4 mars prochain.

Mais si cet agacement mutuel est réel, Jacques Neirynck souligne le danger de tels propos: «un politicien responsable ne devrait pas énoncer ce genre d’énormités. Sauf s’il souhaite une telle division. A force de provocations de ce genre, cela risque en effet de se produire un jour.»

Et le professeur d’origine belge de conclure: «si la situation devenait insupportable, il faudrait réfléchir sur l’éventualité d’une sécession. Certainement pas se jeter des insultes. Mais nous sommes à des lieues d’une telle décision.»

Caroline Zuercher

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