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Les Suisses aiment toujours leurs profs

Enseignant: un métier difficile, mais bien noté. Keystone

L’enseignant garde une bonne cote auprès du public suisse. Mais en termes d’image, de statut social et d’attractivité, c’est le médecin qui arrive en tête.

C’est ce que révèle un sondage publié mercredi, qui mesure la considération dont jouissent six métiers de l’enseignement dans un échantillon de seize professions libérales.

Selon l’Institut gfs-zurich, qui a réalisé cette étude, son but est de «mieux connaître l’image, le statut social et l’attractivité des professions enseignantes dans l’opinion publique suisse».

Le sondage a été réalisé en septembre 2003 auprès de 720 personnes, dont 74% d’Alémaniques et 26% de Romands. On leur a demandé leur avis sur 16 professions libérales, dont six font partie du domaine de l’enseignement – du prof de gymnase au maître ou à la maîtresse de travaux manuels.

Concrètement, les sondés devaient attribuer une note de 1 à 10 à chaque métier en fonction de six critères: le salaire, les perspectives de carrière, l’autonomie dans l’exercice de la profession, le stress, la sécurité de l’emploi et le prestige social.

Premier constat: par rapport aux résultats d’une étude similaire réalisée en 1994, on remarque qu’en dix ans, l’image des métiers de l’enseignement ne s’est que peu dégradée. Ceux-ci occupent encore pour la plupart la moitié supérieure du classement.

Le prestige du médecin

Toutefois, ce sont toujours les professions libérales classiques de médecin et d’avocat qui jouissent de la considération la plus élevée auprès de la population.

Viennent ensuite les architectes et les psychologues, puis les journalistes, les professeurs de gymnase, les techniciens électroniciens, les enseignants du secondaire, et enfin les employés de banque et les instituteurs.

Au bas de l’échelle, on trouve le plus souvent les professions d’infirmier, d’aide médical et d’assistant social, suivi de maître de travaux manuels et de maître d’école enfantine.

Au passage, les auteurs de l’étude notent que les six professions les moins bien cotées sont majoritairement exercées par des femmes.

Bien payé, mais stressant


Par rapport à l’étude de 1994, la profession de journaliste est passée légèrement devant celle de professeur de gymnase. Celle d’assistant social a gagné plusieurs places et devance désormais les métiers enseignants les moins valorisés, talonnant la profession d’instituteur.

Concernant plus spécifiquement les professions enseignantes, elles sont considérées comme plutôt bien rémunérées, jouissant d’un bon prestige et d’une bonne sécurité de l’emploi.

Elles sont cependant jugées plutôt fatigantes, laissant relativement peu d’autonomie au travail et offrant des perspectives de carrière assez moyennes.

Le poids de la gauche et des Romands

Globalement l’attrait de l’enseignement a diminué, mais ce retrait est dû à la Suisse alémanique. En Suisse romande, au contraire, la cote des professions enseignantes a augmenté. Et comme en 1994, l’attrait pour cette activité est plus grand dans les milieux de gauche.

A signaler aussi une quasi-unanimité à propos de l’aggravation des difficultés du métier d’enseignant. Les causes avancées divergent. Explications les plus souvent évoquées: les différences culturelles et le manque de discipline et de motivation des élèves .

Les citoyens accordent par contre moins de crédit à l’argument des classes surchargées.

Compétence et respect des règles

Quant aux qualités requises pour faire un bon prof, les Suisses ne placent plus en tête l’amour des enfants, comme ils le faisaient en 1994. Les sondés demandent d’abord aux enseignants de maîtriser les savoirs à inculquer. Et la conviction que tous les élèves peuvent apprendre à gagner du terrain.

A noter enfin que les Romands sont désormais davantage persuadés de l’importance de l’autorité de l’enseignant sur les élèves. Mais c’est surtout l’exigence d’avoir des profs qui respectent l’autorité et les règles scolaires qui a gagné du poids dans l’opinion.

swissinfo et les agences

– Tandis que l’Institut gfs-berne est spécialisé dans les études politiques, gfs-zurich fait de la recherche sociale et réalise régulièrement des études sur la perception que la Suisse a d’elle-même.

– Mercredi, il publie les résultats d’une enquête sur l’image des métiers de l’enseignement, comparée à celle d’autres professions dites «libérales».

– Par ce terme, on désigne généralement les métiers qui requièrent un haut niveau de formation et confèrent un certain statut social.

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