Moins de poissons dans les lacs suisses
Les pêcheurs professionnels de Suisse attrapent moins de poissons qu'il y a une dizaine d'années. Un phénomène essentiellement dû à la diminution du nombre de poissons blancs, victimes des eaux de nos lacs dont la teneur en phosphore a aussi baissé.
1659 tonnes de poissons ont été pêchées par les professionnels dans les lacs de Suisse en l’an 2000. Une diminution de 10% par rapport aux dix dernières années et de 30% par rapport à 1980.
«Le nombre de gardons, de tanches et de brèmes a diminué», confirme Eric Staub, chef du Service de la pêche à l’Office fédéral de l’environnement de la forêt et du paysage (OFEFP). Et d’ajouter: «c’est la diminution de la teneur en phosphore des eaux des lacs qui est à l’origine de ce phénomène».
Conséquence de cette diminution du phosphore: les phytoplanctons (algues vertes) ne prolifèrent plus dans l’eau et poissons blancs – qui se nourrissent de ces algues – tendent eux aussi à disparaître.
Pour le chef du Service de la pêche de l’OFEFP, c’est une bonne nouvelle. Nos lacs devraient retrouver une meilleure biodiversité. Notamment une plus grande présence des poissons nobles tels que les brochets, les ombles, les féras et les truites.
«A long terme, affirme Eric Staub, les populations de poissons retrouveront leur richesse originale. Mais les prises de poissons nobles n’augmenteront pas, car leur nombre correspondra à une situation naturelle normale».
Question d’équilibre
«Mais l’équilibre idéal n’est pas encore atteint, admet le chef de service. La situation est loin d’être parfaite». Un exemple, avec le lac de Sempach qui manque encore d’oxygène en profondeur. Une nuisance qui entrave le développement des poissons nobles.
Par ailleurs, le lac Léman, lui, est envahi de phytoplancton. Ce qui nuit à la pêche professionnelle. «Les efforts fournis en matière de protection des eaux commencent à porter leurs fruits, affirme Eric Staub. Mais il reste beaucoup à faire».
En chiffres, c’est le lac de Bienne qui a le meilleur rendement de pêche (33 kilogrammes à l’hectare) contre 8 kilogrammes au Léman. Par ailleurs, les corégones (féras) restent les poissons les plus nombreux dans nos lacs et représentent les deux tiers des prises. Quant aux perches, elles occupent la deuxième place seulement.
Jean-Louis Thomas
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