Réinsertion des demandeurs d’emploi: la Suisse peut faire mieux
Les mesures de marché du travail (MMT) mises en oeuvre en Suisse ont été globalement positives. Elles peuvent toutefois être améliorées, selon le Secrétariat d'Etat à l'économie (seco).
Les mesures de marché du travail (MMT) mises en oeuvre en Suisse ont été globalement positives. Elles peuvent toutefois être améliorées, selon le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco).
Les bilans critiques, utilisés à bon escient, sont une source de progrès. Tel est en tout cas l’objectif de l’évaluation scientifique, commanditée et rendue publique lundi par le seco.
Pour répondre à l’explosion du nombre de chômeurs, amorcée en 1995, les offices régionaux de placement (ORP) ont disposé de nouveaux instruments visant à une réinsertion rapide et durable des demandeurs d’emploi. Et c’est l’efficacité de ces mesures qui a été jaugée par une dizaine de scientifiques issus de cinq universités et instituts de recherche.
«L’étude porte uniquement sur le court terme, souligne Boris Zürcher du seco. Elle s’est limitée aux mesures de marché du travail mises en œuvre en 1998. Elle ne prend pas en compte, par exemple, les effets de cours de langue, sur le moyen et long terme».
La mesure la plus efficace concerne, selon le Secrétariat d’Etat à l’économie, le gain intermédiaire. Son efficacité est maximale pour les personnes longtemps au chômage et peu qualifiées. Les programmes d’emploi temporaire ont généralement été jugés positifs. Mais une mauvais note a été attribuée aux programmes d’emploi privés et publics, parce qu’ils entraîneraient une prolongation de la durée du chômage.
Les effets des programmes de reconversion et de perfectionnement ont été jugés plutôt négatifs durant la participation à une MMT. En revanche, après coup, ils apparaissent comme majoritairement positifs. Les cours d’informatique, notamment, ont souvent abouti à l’obtention d’un emploi plus qualifié qu’avant la période de chômage.
Dans la phase initiale, l’activité des ORP a augmenté l’efficacité du placement d’environ six pour cent par rapport à celle des anciens offices communaux du travail. Mais il existe des différences importantes entre les ORP. D’une manière générale, le travail des conseillers ORP est jugé bon. Une orientation davantage axée sur les résultats pourrait améliorer le potentiel de placement.
Les résultats de l’évaluation du seco sont nuancés. Selon le rapport, ils ne doivent pas être considérés comme un jugement sans appel sur l’efficacité des MMT. «Mais, insiste Boris Zürcher, ils nous permettront à l’avenir de récompenser financièrement ou non les cantons qui auront réussi à optimiser leur efficacité». Une évaluation qui se fera à l’aune de critères précis, comme le taux de réinsertion durable.
Jugurtha Aït-Ahmed
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